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Immigration, Villepin tacle Philippe et parle d’un naufrage moral

Dominique de Villepin a vertement critiqué Édouard Philippe, lui reprochant d’avoir relié les pillages du 17 octobre à l’immigration et de courir après le…

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Immigration, Villepin tacle Philippe et parle d'un naufrage moral

Dominique de Villepin a vertement critiqué Édouard Philippe, lui reprochant d’avoir relié les pillages du 17 octobre à l’immigration et de courir après le Rassemblement national. L’ancien Premier ministre parle d’un naufrage à la fois moral et politique.

L’ancien chef du gouvernement de Jacques Chirac, aujourd’hui presque candidat à la présidentielle, n’a pas mâché ses mots jeudi sur un plateau de télévision. « Édouard Philippe s’enfonce et s’enferme », a-t-il asséné, avant de lâcher que les propos tenus par le maire du Havre constituent « une incitation aujourd’hui au racisme ». Et d’insister sur un point qui, selon lui, engage toute la classe politique. « Voir un candidat comme Édouard Philippe courir après le Rassemblement national, c’est misérable, et c’est pour moi un véritable naufrage, et moral, et politique. » Un rappel de la « responsabilité » des élus, glissé au passage.

De l’autre côté, Édouard Philippe assume. Mercredi, lors d’un déplacement à Zuydcoote, dans le Nord, consacré à la lutte contre l’émigration clandestine vers le Royaume-Uni, le candidat Horizons a posé la question qui fâche. « Il y a un problème d’intégration dans notre pays, et on n’aurait pas le droit de le dire ? » Interrogé sur la formule « Français issus de l’immigration », il s’est agacé. Ils sont Français, ils ont les mêmes droits et les mêmes devoirs, a-t-il martelé, avant de fustiger « une espèce de police de la pensée imposée par l’extrême gauche, imposée par Jean-Luc Mélenchon ».

La séquence remonte à un entretien publié le 27 octobre, quatre jours après l’attentat raciste de Trappes. Le maire du Havre y affirmait qu’à l’occasion des violences du 17 octobre, « la surreprésentation de jeunes issus de l’immigration était patente ». C’est cette phrase qui a mis le feu aux poudres. « Quand on croit faire preuve de bon sens, quand on croit dire des évidences, et bien à partir de là justement, si on n’y prête pas garde, on finit par des choses qui sont dangereuses pour la République », a réagi Dominique de Villepin.

La charge a trouvé un écho du côté du gouvernement. Jeudi, le ministre des Relations avec le Parlement Laurent Panifous a refusé de distinguer des degrés de francité. « On est Français ou on n’est pas Français, qu’on soit issu de l’immigration ou pas », a-t-il tranché, avant de pousser la logique jusqu’au bout. De combien de générations parle-t-on, après tout ? Le père, le grand-père ? Sa réponse ne bouge pas d’un pouce, et il affirme écarter tout lien entre immigration et délinquance.

Derrière l’échange d’amabilités, c’est bien la ligne d’une future campagne qui se dessine. Un candidat qui revendique de dire tout haut ce qu’il considère comme une évidence, un autre qui y voit un glissement vers les thèses de l’extrême droite, et un ministre qui tente de clore le débat en une phrase. Pour Édouard Philippe, le risque est double. Chaque mot sur ce terrain est désormais scruté, et le souvenir de l’attentat de Trappes, tout proche dans le calendrier, rend la moindre phrase sur l’immigration beaucoup plus lourde qu’elle n’en a l’air.

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