Société
BFMTV sous pression interne pour tordre le cou à une image raciste
Des journalistes de BFMTV réclament des actes pour rompre avec une réputation de chaîne qui laisserait passer des propos racistes. La direction soutient…

Des journalistes de BFMTV réclament des actes pour rompre avec une réputation de chaîne qui laisserait passer des propos racistes. La direction soutient ses équipes mais rejette fermement les accusations.
La lettre adressée à la direction par la société des journalistes de BFMTV porte 200 signatures. Elle prolonge un courrier envoyé peu avant par 160 techniciens du groupe qui réunit la chaîne et une radio. Le ton est net. Les signataires veulent retrouver la fierté de travailler pour BFMTV et ne plus craindre de dire où ils travaillent, en reportage comme dans leur vie privée. Ils parlent de dérives éditoriales à l’approche de la présidentielle.
Leur inquiétude porte sur la banalisation de propos racistes ou discriminatoires à l’antenne. Certains mots seraient parfois relativisés au nom du pluralisme. Les journalistes rappellent que les propos racistes sont des délits et que l’impartialité ne doit jamais devenir une excuse pour la complaisance. Cette mise en cause interne suit des critiques externes. Pendant des manifestations et après l’attentat de Trappes, BFMTV a été accusée par La France insoumise de relayer des propos racistes, notamment en invitant un responsable d’extrême droite. La chaîne a contesté ces accusations. Des journalistes ont aussi été pris à partie sur le terrain.
Les critiques visaient depuis plusieurs mois une présentatrice arrivée cet été en provenance d’une chaîne concurrente. Après une assemblée générale, les journalistes ont réclamé des mesures concrètes. Ils demandent un rappel à l’ordre clair et constant dès que des propos discriminatoires sont tenus. Ils veulent un suivi plus rigoureux des invités pour éviter les personnalités problématiques et limiter la répétition de certaines figures. Ils souhaitent aussi redonner la priorité au reportage face aux débats, et un traitement plus équilibré des manifestations. À leurs yeux, les équipes ne doivent plus être diffusées en direct uniquement quand des violences surgissent. Le calme raconte aussi quelque chose, écrivent-ils.
Avant même l’envoi de cette lettre, la direction avait annoncé des mesures. Une cellule invités doit centraliser les demandes d’interviews de responsables politiques et renforcer la diversité des profils. Elle sera rattachée à la direction générale de la chaîne. Un baromètre du pluralisme sera publié chaque mois pour rendre compte de la variété des invités, des intervenants et des courants de pensée. La direction affirme que ces décisions ne changent pas la ligne éditoriale et ne valent pas reconnaissance des accusations. Elle promet aussi une riposte rapide et systématique aux fausses informations visant ses médias.
BFMTV conteste l’idée qu’elle banaliserait le racisme. Un responsable du groupe souligne qu’aucun signalement n’a été adressé au régulateur de l’audiovisuel. Recevoir une personnalité ne signifie ni partager ses convictions ni approuver ses propos, fait-il valoir. La direction réaffirme enfin son entier soutien à la présentatrice visée, face à ce qu’elle décrit comme une campagne de déstabilisation. Elle assure que celle-ci conduit ses émissions avec nuance, professionnalisme et indépendance.
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