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Donald Trump veut peser jusqu’au dernier jour

Après une défaite lourde aux élections de mi-mandat, Donald Trump promet de coopérer avec les démocrates tout en gardant la main sur ses pouvoirs…

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Donald Trump veut peser jusqu'au dernier jour

Après une défaite lourde aux élections de mi-mandat, Donald Trump promet de coopérer avec les démocrates tout en gardant la main sur ses pouvoirs exécutifs. À 80 ans, le président américain doit désormais composer avec un Congrès hostile et une fin de mandat qui s’annonce loin d’être passive.

La claque électorale aurait pu le faire sortir de ses gonds. Elle a plutôt produit un Donald Trump étonnamment détaché, capable de féliciter ses adversaires. Le républicain assure vouloir travailler avec l’opposition démocrate jusqu’à son départ de la Maison Blanche. Mais il n’a pas renoncé à ses prérogatives. Il rappelle qu’il peut bloquer les lois votées par un Congrès désormais démocrate. Il a même précisé qu’il ne souhaitait pas passer sa fin de mandat à opposer son veto à chaque texte. Reste une incertitude de taille. L’homme, peu intéressé par le travail législatif depuis son investiture, est-il vraiment prêt à plancher avec ceux qu’il a qualifiés de communistes ou d’extrémistes ?

Ses relations avec les démocrates ne se limiteront pas aux textes de loi. Les enquêtes lancées par ses opposants contre lui, ses conseillers ou ses ministres risquent de peser lourd. Trump a déjà prévenu. « Ils s’en prendront probablement à moi, et je m’en prendrai à eux. » Il a aussi évoqué des grâces préventives pour ses alliés, Elon Musk compris. De quoi transformer la fin de son mandat en bras de fer permanent.

Trump devra aussi s’habituer à une position inédite pour lui, celle de « canard boiteux ». Le terme désigne un chef d’État affaibli au Congrès et démonétisé parce qu’il ne peut plus briguer la prochaine présidentielle. La Constitution lui interdit un troisième mandat. Privé du pouvoir budgétaire, qui revient au Congrès, il peut encore signer des décrets, au risque de batailles juridiques interminables. Il conserve aussi de solides leviers militaires et diplomatiques. Son intention sur l’Iran reste floue, et une nouvelle frappe n’est pas exclue. Il pourrait poursuivre ses offensives commerciales contre les alliés de l’Amérique. Il garde enfin sa vision d’un monde découpé en sphères d’influence, négociées avec les présidents russe et chinois qu’il doit retrouver prochainement en Chine.

La guerre entre la Russie et l’Ukraine lui laissera également un rôle décisif. Il s’est nettement rapproché de Moscou ces derniers temps. La défaite électorale ne devrait pas freiner son goût pour les grands chantiers. Elle pourrait même renforcer son envie de laisser une empreinte monumentale. Il veut finir une salle de bal à la Maison Blanche avant de quitter le pouvoir. Il souhaite aussi lancer très bientôt la construction d’un arc de triomphe à Washington.

Reste la sortie de scène. Trump se voit en faiseur de rois pour la prochaine présidentielle. D’autres pourraient au contraire le juger toxique pour les candidats républicains. Même des voix fidèles à son idéologie Maga estiment qu’à 80 ans, et dans sa position institutionnelle, le milliardaire appartient déjà au passé. Pour elles, l’urgence est de trouver un nouveau chef au parti. Ce ne sera pas Trump, et cela ne le serait pas même si les républicains avaient gagné. Le temps, disent-elles, est de regarder vers l’avenir.

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