Faits Divers
Incendie de la mairie de Limoges, deux suspects sous les verrous
Un trentenaire et un homme de 66 ans sont désormais mis en examen et placés en détention provisoire dans l’enquête sur l’incendie de l’hôtel de ville de…

Un trentenaire et un homme de 66 ans sont désormais mis en examen et placés en détention provisoire dans l’enquête sur l’incendie de l’hôtel de ville de Limoges. Le parquet reste discret sur les charges exactes retenues contre chacun.
L’hôtel de ville de Limoges, bâtiment classé inauguré en 1883, a été en grande partie détruit par les flammes pendant la mobilisation nationale contre la vie chère du 17 octobre. Ce jour-là, environ 5 000 personnes ont défilé dans la ville. Des éléments radicaux ont attaqué la mairie, brisé des vitres, enfoncé la porte et mis le feu à l’intérieur. Des vidéos ont montré la scène.
L’enquête a d’abord été ouverte pour dégradation d’un bien en bande organisée dangereuse pour les personnes et pour menaces de mort. Les poursuites se sont ensuite durcies. Le premier suspect, interpellé en début de semaine à Bussière-Boffy, sur la commune de Val d’Issoire en Haute-Vienne, avec l’appui de l’antenne bordelaise du Raid, a vu sa garde à vue étendue au chef de tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique. Le second, arrêté deux jours plus tard à Gentioux-Pigerolles dans la Creuse, était lui détenu pour destruction en bande organisée d’un bien dangereux pour les personnes. Tous deux ont finalement été mis en examen et écroués, l’information judiciaire portant notamment sur une tentative d’homicide visant un policier et sur la destruction de la mairie. La procureure Emilie Abrantes n’a pas détaillé les chefs retenus contre l’un et l’autre.
Le trentenaire, originaire de la Creuse, est décrit comme intérimaire dans le bâtiment et défenseur de l’environnement. Il est fiché S pour son appartenance présumée à l’ultragauche radicale et déjà connu pour des violences sur un policier lors d’une manifestation passée dans le département. Le parquet le présente comme l’un des suspects ayant participé à l’incendie volontaire du bâtiment. Le second, âgé de 66 ans, est lui aussi soupçonné d’avoir pris part à la destruction.
Le maire de Limoges Guillaume Guérin (LR) a qualifié le trentenaire de probable « cerveau » de l’opération. Il a mis en cause l’ultragauche, celle qui vit pour partie repliée sur le plateau de Millevaches, un territoire rural d’environ 10 000 habitants à cheval sur la Corrèze, la Creuse et la Haute-Vienne. Ce plateau attire de longue date une population alternative, dont la réputation radicale nourrit méfiances et tensions. Des actions y ont été revendiquées par le passé, comme l’incendie de véhicules Enedis à Limoges en 2020, puis celui d’une antenne-relais en Haute-Vienne en 2021. En avril, la justice a condamné un septuagénaire domicilié à Bussière-Boffy, connu pour ses liens avec le milieu anarchiste et comme autonomiste basque dans les années 1980. Le trentenaire interpellé dans le même village est son fils.
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