Politique
Au Sénat, le Rassemblement national veut briser la mainmise de la droite
Plus de 93 000 grands électeurs, surtout des conseillers municipaux, renouvellent 178 des 348 sièges du Sénat. Le Rassemblement national pourrait y…

Plus de 93 000 grands électeurs, surtout des conseillers municipaux, renouvellent 178 des 348 sièges du Sénat. Le Rassemblement national pourrait y obtenir son tout premier groupe parlementaire.
De l’Ain à l’Indre, du Bas-Rhin au Territoire de Belfort, plusieurs dizaines de départements se mettent à l’heure du vote. Les élections sénatoriales mobilisent un corps électoral bien à part, plus de 93 000 grands électeurs, en grande majorité des conseillers municipaux. Leur mission consiste à désigner 178 des 348 sénateurs, pour un mandat de six ans. Le rendez-vous tombe en plein week-end de la visite du pape, mais il garde tout son poids. Il s’agit du dernier grand scrutin avant la présidentielle de 2027, et les résultats s’égrèneront tout au long de la journée, quelques heureux élus dès le premier tour, les autres au fil de la soirée.
Au centre des attentions, une question tourne en boucle. Le Rassemblement national parviendra-t-il à se hisser au niveau espéré ? Le parti ne compte aujourd’hui que trois sièges, mais il espère multiplier ce total par trois, voire par quatre, selon de nombreux observateurs. La barre des dix élus lui ouvrirait les portes d’un groupe parlementaire, une première dans son histoire. Son président, Jordan Bardella, présent dans le Var, pourrait y annoncer cette percée. D’autres candidats incarnent cette ambition, comme Edwige Diaz, en lice en Gironde, qui mise sur le vote d’élus sans étiquette pour créer la surprise.
Les terrains de conquête ne manquent pas. Alpes-Maritimes, Var, Bouches-du-Rhône, Vaucluse, autant de territoires où le parti espère avancer. Pour ses responsables, un groupe au Sénat enverrait un signal fort à l’approche de la course à l’Élysée, et donnerait un coup d’accélérateur à la candidature de Marine Le Pen. À gauche comme au centre, la perspective fait grincer des dents. Un cadre du bloc central au Sénat n’hésite pas à parler de l’événement politique de la soirée, tandis que le socialiste Alexandre Ouizille redoute de voir son parti perdre des plumes après des municipales compliquées dans les villes moyennes.
La droite, elle, semble pourtant garder le contrôle. La majorité acquise aux Républicains et à leurs alliés centristes ne paraît pas menacée, et Gérard Larcher, qui préside la chambre haute depuis quinze ans, devrait être reconduit jeudi sans encombre. Mais son camp reste exposé à la montée du Rassemblement national, dont l’ancrage local gagne du terrain. Certains, à l’image d’Hervé Marseille et de son Union centriste forte d’une soixantaine de sénateurs, imaginent plutôt un espace central qui se renforce.
Du côté des écologistes, l’inquiétude domine après les pertes de Bordeaux et Strasbourg. Une dissidence verte dans le Rhône, portée par l’ancien patron de la métropole lyonnaise Bruno Bernard, pourrait toutefois leur offrir un siège de plus, aux dépens de l’ex-ministre Hélène Geoffroy, tout en compromettant les chances du meilleur candidat insoumis, Gabriel Amard. Les Insoumis pourraient d’ailleurs repartir les mains vides. Au centre, le groupe macroniste RDPI, privé de son influent président François Patriat, décédé cet été, a déjà encaissé un revers avec la défaite de son sénateur sortant à Wallis-et-Futuna. Les contours définitifs des groupes ne seront toutefois connus que dans quelques jours, le temps d’un intense mercato pour rallier les élus divers centre et divers droite.
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