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Le Sénat change de visage et le RN vise son premier vrai groupe

Ce dimanche, 178 sièges sur 348 sont remis en jeu à la chambre haute. Le principal enjeu tient dans un chiffre, dix, le nombre d’élus qu’il faut au…

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Le Sénat change de visage et le RN vise son premier vrai groupe

Ce dimanche, 178 sièges sur 348 sont remis en jeu à la chambre haute. Le principal enjeu tient dans un chiffre, dix, le nombre d’élus qu’il faut au Rassemblement national pour exister comme groupe.

Tout se joue loin du vote direct des citoyens. Le Sénat renouvelle la moitié de ses membres par un scrutin indirect, et ce dimanche, 178 fauteuils sur 348 sont à prendre. Ceux qui glissent un bulletin ne sont pas les électeurs ordinaires, mais un collège de grands électeurs, fait pour l’essentiel de maires et de délégués des conseils municipaux. Le rythme, lui, ne change jamais, la chambre haute se renouvelle par moitié tous les trois ans.

Les regards convergent vers le Rassemblement national. Premier parti d’opposition à l’Assemblée nationale, il prépare aussi la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle de 2027, et il ne dispose pour l’instant que de trois sénateurs. Pour compter réellement au palais du Luxembourg, il lui faut atteindre dix élus, le seuil qui ouvre le droit de constituer un groupe. Sa percée aux municipales de mars, surtout dans les communes du pourtour méditerranéen, lui donne de quoi y croire. Ces ancrages locaux pèsent directement dans un scrutin où les maires font la loi.

En face, la droite républicaine tient la maison depuis les années 1970, avec une seule coupure, la parenthèse socialiste de 2011 à 2014. Avant le vote de ce dimanche, le groupe Les Républicains alignait 131 sièges, très loin devant le groupe Socialiste, écologiste et républicain et ses 64 sièges. Un rapport de force que le RN espère grignoter, sans pouvoir le renverser seul.

À gauche, les trajectoires ne se ressemblent pas. Les écologistes pourraient perdre du terrain après avoir lâché plusieurs mairies au printemps, un affaiblissement qui se répercute forcément sur leurs appuis locaux. La France insoumise, de son côté, n’a encore jamais siégé au Sénat et se contenterait d’un seul siège pour franchir la porte. Un objectif modeste, mais symbolique pour un mouvement qui cherche à s’ancrer dans toutes les institutions.

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