Politique
La veste de couvreur ressortie, Mélenchon dégaine son plan pour le logement
Le candidat insoumis a passé sa visite dans un centre d’apprentis du bâtiment, renouant avec un dossier qu’il connaît bien pour avoir été ministre de…

Le candidat insoumis a passé sa visite dans un centre d’apprentis du bâtiment, renouant avec un dossier qu’il connaît bien pour avoir été ministre de l’Enseignement professionnel. Il y a surtout détaillé ce que son camp veut changer dans la construction et le logement.
Jean-Luc Mélenchon a enfilé sa veste de couvreur, la célèbre, pour arpenter un centre de formation d’apprentis des métiers du BTP à Noisy-le-Grand, en Seine-Saint-Denis. Le candidat de La France insoumise à la présidentielle renouait là avec un poste occupé entre 2000 et 2002, celui de ministre délégué à l’Enseignement professionnel. Au menu de la matinée, des échanges avec de jeunes apprentis, leurs enseignants et des professionnels du bâtiment. Devant les dirigeants du centre venus lui présenter les parcours scolaires et les débouchés, il n’a pas résisté à rappeler, sourire aux lèvres, que la validation des acquis de l’expérience, c’était lui, avant de réclamer un petit merci.
Le déplacement avait un second objectif, bien plus politique. Le tribun y a déroulé les grandes lignes des propositions de son parti sur le logement, à la veille de la présentation, lundi, du « plan d’investissement productif » que les Insoumis consacrent au logement et au BTP. Objectif affiché en cas de victoire à la présidentielle, 400 000 nouveaux logements chaque année, portés par une planification étalée sur plusieurs exercices et adaptée aux réalités des territoires. Plus de 35 % de ces logements sortiraient du parc existant, par exemple en réquisitionnant des logements vacants ou en changeant leur usage.
Côté matériaux, le programme mise sur le bois, la paille, la terre crue, le lin et le chanvre, dont les qualités d’isolation sont jugées précieuses. Le financement, lui, reposerait sur une part d’investissement public direct de l’État, sur le budget et sur des subventions ciblées. La France insoumise veut faire grimper les investissements de l’État dans ce secteur de 12 milliards d’euros par an.
Sur place, les représentants de la Fédération française du bâtiment ont posé leurs conditions. Leur grief principal tient en un mot, l’instabilité. Un responsable l’a résumé devant le candidat, avec des normes qui tombent tous les deux ans et des entreprises qui n’arrivent plus à suivre. Mélenchon, adepte revendiqué de la planification, a défendu sa méthode et son pays bâti autour de l’État, lui-même bâti autour de plans généraux. Aux professionnels inquiets, il a promis un plan s’il arrive à ses fins, et des manches à retrousser pour faire tout, très vite.
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