Société
Léon XIV appelle à protéger la jeunesse des dérives de l’intelligence artificielle
Devant l’Unesco, le pape a réclamé vendredi que les technologies numériques servent l’éducation des plus jeunes au lieu de les exposer. Il demande un…


Devant l’Unesco, le pape a réclamé vendredi que les technologies numériques servent l’éducation des plus jeunes au lieu de les exposer. Il demande un socle éthique commun pour que l’intelligence artificielle ne vide pas nos échanges de leur sens.
Les enfants et les adolescents ont été au cœur du discours prononcé par Léon XIV devant les représentants des 194 États membres de l’Unesco. Le pape a demandé à la communauté internationale de veiller sur eux avec une attention particulière. Leur vulnérabilité à l’ère du numérique ne doit jamais devenir un prétexte à l’exploitation, a-t-il prévenu. Il souhaite au contraire que ces outils soutiennent leur développement, leur éducation et leurs relations, en préservant leur liberté de penser et de discerner. À son arrivée, il a eu droit à une ovation debout.
Le souverain pontife s’interroge aussi sur le nom donné à ces systèmes, l’intelligence, comme s’ils pouvaient reproduire notre propre faculté de penser. Ce raccourci n’est pas anodin. Nos idées et nos relations risquent de s’appauvrir, de glisser vers une forme de déshumanisation. Un logiciel peut certes croiser des données, mais il reste incapable de répondre aux questions sur le sens de la vie humaine, qui s’enracine dans l’expérience vécue. Pour Léon XIV, l’être humain ne peut pas vivre sans sens. Il l’a résumé d’une phrase, le sens est l’oxygène de l’esprit.
Faute de fondement éthique partagé, la multiplication des canaux de communication peut propager de fausses informations et des paroles vides, jusqu’à entraver le dialogue au lieu de le favoriser. L’intelligence artificielle ne fait qu’amplifier ce phénomène. Le pape ne découvre pas le sujet. Il avait déjà développé cette réflexion en mai, dans une encyclique consacrée à ces questions.
À l’Unesco, l’appel a trouvé un écho. Son directeur général, Khaled el-Enany, avait pris la parole juste avant pour décrire l’organisation comme la plateforme idéale afin de réfléchir au cadre qui permettra aux jeunes de comprendre et de maîtriser l’intelligence artificielle, et d’en faire un levier d’émancipation. Avec ses États membres, ses réseaux et ses experts, l’institution planche sur une IA au service des peuples, éthique, accessible, équitable et durable. Dès 2021, elle avait adopté un texte pionnier en la matière, une recommandation sur l’éthique de l’intelligence artificielle.
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