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Léon XIV à Paris, une première journée entre liesse populaire et discours sans détour

Debout dans sa papamobile, le souverain pontife a traversé la capitale jusqu’à Notre-Dame, ovationné par des milliers de personnes massées le long du…

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Léon XIV à Paris, une première journée entre liesse populaire et discours sans détour

Debout dans sa papamobile, le souverain pontife a traversé la capitale jusqu’à Notre-Dame, ovationné par des milliers de personnes massées le long du parcours. Plus tôt dans la journée, il avait défendu sa conception de la laïcité et mis en garde contre les dangers de l’intelligence artificielle.

Il est arrivé sous un ciel bleu immaculé, dans des rues habillées de blanc et de jaune, les couleurs du Vatican. Debout dans sa papamobile, Léon XIV a remonté 2,5 kilomètres d’un centre de Paris noir de monde, salué par les cris et les vivats de plusieurs milliers de fidèles. Le pape a béni de nombreux bébés tendus vers lui. Sa première visite en France, la première d’un souverain pontife depuis Benoît XVI en 2008, avait des airs de grand bain de foule joyeux.

Le long des barrières, l’attente était palpable. Isabelle Bourdon, 67 ans, n’a pas fermé l’œil de la nuit. « J’ai très hâte de le voir, je suis très heureuse de l’accueillir », confie-t-elle, décrivant un pape qui « dit des choses réconfortantes ». Anne, cheftaine chez les scouts d’Europe, remet les choses au clair. « Ce n’est pas notre idole, ce n’est pas comme aller voir Céline Dion en concert par exemple, c’est un guide pour nous qui délivre un message de paix dont on a bien besoin dans le monde d’aujourd’hui. » Jérémy Schott, technicien de 38 ans venu la veille des Vosges, parle lui d’une « chance » de voir le pape en personne dans son propre pays.

Avant ce grand moment d’enthousiasme, la matinée avait pris un tour nettement plus politique. Reçu à l’Élysée par Emmanuel Macron, le pape a parlé sans détour de la laïcité, des dangers de l’intelligence artificielle et de la fin de vie. Il a dénoncé les « manipulations génétiques », la « gestation pour autrui », l' »achat d’organes » et « l’offre d’une mort programmée », des « dérives » capables selon lui de « détourner la science et la technologie en entreprises lucratives ». Le Parlement français a voté il y a deux mois une loi ouvrant un droit à l' »aide à mourir », que l’Église a combattue avec fermeté. Dans la salle des fêtes bondée du palais présidentiel, le pontife a lancé en français que « la juste laïcité ne consiste pas à exclure la religion de l’espace public », une phrase longuement applaudie.

Emmanuel Macron avait pris la parole juste avant. La « laïcité française » n’est « nullement la négation de la religion », a assuré le président, rappelant que la République combat la « recrudescence » des actes antireligieux « insupportables », qui « frappent la religion chrétienne » et dont « les communautés juives et musulmanes sont aussi victimes ». Le pape, de son côté, a évoqué ses origines familiales normandes et béarnaises.

À l’Unesco, son arrivée a été accueillie par une ovation et une minute d’applaudissements. Léon XIV y a exhorté la communauté internationale à protéger « les enfants et les jeunes » face aux nouvelles technologies numériques et à l’intelligence artificielle. Leur essor « doit soutenir leur développement, leur éducation », a-t-il plaidé, et préserver « leur liberté de penser et de discerner ».

Puis est venu le temps de la fête. La déambulation a conduit le pape jusqu’à Notre-Dame, où il a parcouru les derniers mètres à pied, serrant de nombreuses mains, sous la grande sonnerie des cloches de la cathédrale. Il y a célébré les vêpres. À son arrivée dans le pays, les cloches des églises de France avaient sonné pendant sept minutes.

La journée ne s’arrête pas là. Dans la soirée, le pape doit participer à une grande veillée de prière avec 80 000 jeunes au Stade de France, à Saint-Denis, au nord de Paris. Au menu, pop-louange, échanges avec le pontife et exposition de la « sainte tunique du Christ », une relique conservée à Argenteuil, dans le Val-d’Oise. Ce déplacement en trois étapes, Paris, Lourdes et Metz, mobilise des moyens considérables. 17 000 bénévoles, 15 000 policiers et gendarmes, 2 500 journalistes accrédités et un budget de 27 millions d’euros.

Interrogé dans l’avion qui le menait de Rome à Paris, Léon XIV a résumé sa mission. « Je voyage en France comme ailleurs dans le monde en tant que disciple de Jésus-Christ, souhaitant proclamer la paix, la paix du Christ dans le monde entier. » Questionné sur le regain de spiritualité catholique en France, où les baptêmes sont en hausse, il s’est réjoui de cette « soif spirituelle ».

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