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ArcelorMittal renonce à relancer son aciérie ukrainienne, pilonnée par les missiles russes

Le géant de l’acier ne redémarrera pas son site de Kryvyi Rih, visé à répétition par des frappes, et s’attend à une dépréciation d’environ un milliard de…

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ArcelorMittal renonce à relancer son aciérie ukrainienne, pilonnée par les missiles russes

Le géant de l’acier ne redémarrera pas son site de Kryvyi Rih, visé à répétition par des frappes, et s’attend à une dépréciation d’environ un milliard de dollars. Le groupe dit vouloir préserver l’usine pour le jour où la paix reviendra.

ArcelorMittal a annoncé vendredi ne pas pouvoir remettre en route la production de son aciérie ukrainienne de Kryvyi Rih, touchée par des missiles le 21 septembre. Le sidérurgiste anticipe une dépréciation sans incidence sur sa trésorerie d’environ un milliard de dollars, soit quelque 878 millions d’euros.

Le contexte est celui d’une guerre qui s’acharne sur le tissu industriel. Dans la nuit de lundi à mardi, la Russie a bombardé des sites industriels du sud-est et du centre de l’Ukraine, notamment à Dnipro, Kryvyi Rih et Pavlohrad. Quatre personnes ont été tuées et des milliers d’habitants se sont retrouvés sans électricité. Sur le seul site d’ArcelorMittal, les cinq dernières semaines ont été marquées par des tirs de missiles, avec un bilan de cinq salariés tués et dix-sept blessés, dont l’un reste dans un état critique. En août déjà, une attaque avait tué deux personnes, fait treize blessés et abîmé les installations de production d’énergie ainsi que les hauts fourneaux, provoquant l’arrêt partiel des processus.

La direction de l’usine joue la carte de la patience. Mauro Longobardo, directeur général d’ArcelorMittal Kryvyi Rih, indique que des discussions sont en cours avec le gouvernement ukrainien sur l’avenir du site. L’objectif affiché consiste à sauvegarder les infrastructures, afin que, lorsque la paix reviendra enfin, une reprise de la production reste envisageable.

Côté finances, les analystes de JP Morgan estiment que cette dépréciation d’un milliard de dollars ne devrait pas peser sur l’Ebitda du groupe. Le risque se situerait ailleurs, avec des pertes opérationnelles plus lourdes dans le segment « Autres », qui abrite le site de Kryvyi Rih, sur les troisième et quatrième trimestres 2026. En parallèle, ArcelorMittal précise verser plus de 700 millions de dollars à sa filiale ukrainienne pour assurer la continuité de ses activités.

Les mêmes analystes voient dans ces perturbations un effet paradoxal sur le marché. La diminution des importations venues d’Ukraine pourrait aggraver le déséquilibre de l’offre en Europe et pousser les prix de l’acier à la hausse. Les investisseurs, eux, ont plutôt bien accueilli la nouvelle, le titre gagnant 1,8 % à la Bourse de Paris, à 63,16 euros, alors que le CAC 40 ne progressait que de 0,3 % au même moment.

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