Monde
Trois rédactions américaines privées d’accès à la Maison Blanche
Des journalistes de CNN, d’une autre chaîne et du site Politico n’ont pas pu franchir les portes de la Maison Blanche samedi, un cas inédit. L’association…

Des journalistes de CNN, d’une autre chaîne et du site Politico n’ont pas pu franchir les portes de la Maison Blanche samedi, un cas inédit. L’association des correspondants dénonce une violation du Premier amendement et réclame le retour immédiat de leurs accès.
Le badge n’a rien voulu savoir. Akayla Gardner, qui suit la Maison Blanche pour une chaîne d’information américaine, a raconté avoir présenté sa carte devant le lecteur avant de voir s’allumer un voyant rouge. Passage refusé. La correspondante de Politico, Cheyenne Haslett, et des reporters de CNN ont connu le même sort samedi matin, leurs rédactions respectives l’ayant confirmé publiquement. « C’est la première fois, à notre connaissance, qu’on nous refuse l’accès à la Maison Blanche », a-t-elle souligné. Interrogée, l’administration s’est contentée de renvoyer à l’annonce de la veille, sans autre explication.
Cette annonce, Donald Trump l’avait lâchée vendredi sur Truth Social. Le président républicain y accuse les trois rédactions de relayer de fausses informations et prévient que d’autres suivront. Un cran de plus dans son bras de fer avec la presse. L’association des correspondants accrédités à la Maison Blanche a rappelé que le Premier amendement protège ce travail et demandé que les accès soient rétablis sans délai. Sur X, le chef des démocrates au Sénat Chuck Schumer a comparé la méthode à celle des dictateurs. Un porte-parole du New York Times a dénoncé une volonté d’intimider et de sanctionner les médias qui déplaisent. En France, l’Association de la Presse Présidentielle a affiché son soutien aux rédactions visées.
L’épisode ne sort pas de nulle part. Depuis son retour au pouvoir début 2025, comme durant son premier mandat, Donald Trump s’en prend régulièrement aux journalistes dont la couverture lui déplaît. Devant les tribunaux, sur les réseaux, ou lors d’échanges tendus, souvent avec des femmes. L’agence Associated Press, pilier du journalisme américain, a ainsi été écartée du Bureau ovale pour avoir refusé d’écrire « Golfe d’Amérique » à la place du Golfe du Mexique.
Le calendrier, lui, n’a rien d’anodin. Les élections législatives approchent, début novembre, et le président traverse une passe politique compliquée. Le coût de la vie et la flambée des prix du carburant pèsent sur son image, tout comme la guerre qu’il a lancée en Iran, dont l’issue reste plus incertaine que jamais. La restriction devrait finir devant la justice.
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