Politique
Carburants au plus haut, Bercy refuse toujours une aide générale
Les prix de l’essence et du gazole battent des records. Le gouvernement assume son cap, des aides ciblées et pas de remise pour tous.

Les prix de l’essence et du gazole battent des records. Le gouvernement assume son cap, des aides ciblées et pas de remise pour tous.*
Le rendez-vous avait lieu mercredi entre Bercy et les distributeurs de carburant. À la sortie, le ministère de l’Économie a remis les points sur les i. Certains participants avaient évoqué dans la presse une baisse temporaire des taxes, d’autres un plafonnement des prix à la pompe. Autant de pistes que le gouvernement écarte d’un revers de main.
Sa priorité reste les aides ciblées vers les ménages et les entreprises les plus fragiles, pour un total de 1,4 milliard d’euros. Sur une baisse de la fiscalité, Bercy invoque l’état des finances publiques. Le pays n’a pas les moyens d’une telle mesure, contrairement à d’autres États. Quant au plafonnement des prix, le raisonnement est encore plus direct. Le gouvernement estime que fixer un prix maximum revient à organiser la pénurie. Chacun est libre de le faire à son niveau, mais l’exécutif ne suivra pas.
Certains acteurs de la distribution poussent pourtant dans l’autre sens. Michel-Edouard Leclerc avait prévenu que les pouvoirs publics seraient bien obligés de réduire la taxation si la hausse durait et s’intensifiait. Francis Pousse, qui représente les stations-service du réseau Mobilians, juge de son côté qu’un plafonnement serait arbitraire. Il risquerait surtout de pousser des stations à fermer, car vendre à perte n’est pas tenable. Lui-même ne se dit pas en position de réclamer une baisse des taxes, faute de marges budgétaires.
Côté pompes, la situation reste tendue. Mercredi matin, le SP95-E10 s’affichait en moyenne à 2,124 euros le litre, un niveau inédit depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Le gazole, lui, montait à 2,292 euros. Par rapport à la fin février, ces prix grimpent de 23,5% pour l’essence et de 33,3% pour le gazole. Les moyennes ne prennent pas en compte la Corse et les territoires d’outre-mer. Les automobilistes ont déjà réagi, puisque la consommation de carburant a baissé de 5,5% en moyenne.
Le gouvernement veut rassurer sur un autre point. Il n’y a pas de risque pour l’approvisionnement des stations à l’échelle nationale. Mais du côté des distributeurs, l’inquiétude reste. Dominique Schelcher, à la tête de Coopérative U, résume la situation en quelques mots. Les prix resteront sous pression tant que la paix ne reviendra pas au Moyen-Orient.
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