Politique
La primaire s’invite dans la présidentielle et met Édouard Philippe sous pression
Les appels se multiplient pour qu’un seul candidat porte les couleurs de la droite et du centre. L’ancien Premier ministre, donné favori, refuse pour…

Les appels se multiplient pour qu’un seul candidat porte les couleurs de la droite et du centre. L’ancien Premier ministre, donné favori, refuse pour l’instant d’entrer dans la danse.
L’hypothèse d’un second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon bouscule les calculs. Beaucoup, à droite et au centre, estiment que la seule issue passe par une candidature unique. Les appels à une primaire se font donc plus pressants, et la cible est claire. Édouard Philippe domine les sondages mais ne veut pas se soumettre à cette sélection.
Chez Les Républicains, Laurent Wauquiez pousse l’idée avec insistance. Il répète que la primaire reste la solution la moins mauvaise face au risque de dispersion des voix. David Lisnard, lui, y voit un moyen d’éliminer les macronistes avant le premier tour, autrement dit Édouard Philippe et Gabriel Attal. Le centriste Hervé Morin a lancé une pétition qui a réuni au départ moins de deux cents élus locaux. Gérard Larcher, le président LR du Sénat, promet de prendre ses responsabilités en novembre, juste après les sénatoriales de septembre.
Côté candidats, les moins bien placés ne ferment pas la porte. Gabriel Attal assure ne pas avoir peur de cette épreuve, et juge que qui la refuse n’a rien à faire dans la course. Bruno Retailleau tient un discours voisin, sans s’opposer par principe à une telle sélection. En revanche, Édouard Philippe campe sur sa position. Son entourage renvoie les rivaux à leurs sondages. Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, balaie l’hypothèse d’une compétition en affirmant qu’il n’y a pas match et que l’ancien Premier ministre est le seul capable de se qualifier et de gagner. Xavier Bertrand refuse aussi. Lui se dit vacciné depuis sa défaite à la primaire LR d’il y a cinq ans, où il avait été éliminé dès le premier tour.
Le périmètre de cette primaire reste flou. Laurent Wauquiez imagine un spectre très large, de Gérald Darmanin à Sarah Knafo. Hervé Morin pose ses conditions en demandant aux participants de signer une charte de respect de la construction européenne, ce qui écarterait le camp d’Éric Zemmour. D’autres veulent élargir encore le jeu. François Bayrou défend une compétition ouverte jusqu’au PS, avec un vote en ligne fin janvier. Bernard Cazeneuve, sans reprendre le mot primaire, appelle à une coalition des engagés. François Hollande, lui, se pose en recours et ne se dit pas lié par cette organisation. Il fixe rendez-vous en décembre pour un moment de vérité, en évoquant une union sacrée des démocrates au-delà des partis.
Derrière ce débat de procédure, c’est bien la stratégie qui se joue. Les partisans de la primaire veulent éviter que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ne se qualifient pour le second tour. Édouard Philippe, lui, mise sur son avance pour imposer son propre tempo. La pression ne va pas retomber de sitôt.
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