Faits Divers
Gino, l’antifa albanais que la France veut livrer à l’Allemagne
Près de 300 personnes ont manifesté leur soutien à Gino à Paris. Le militant albanais redoute une extradition qui pourrait le conduire dans une prison…

Près de 300 personnes ont manifesté leur soutien à Gino à Paris. Le militant albanais redoute une extradition qui pourrait le conduire dans une prison hongroise.
Ils étaient près de trois cents à s’être réunis dans le nord-est de Paris. Leur message était simple. Gino ne doit pas être livré à l’Allemagne. Ce militant antifasciste albanais, âgé d’une trentaine d’années, est menacé d’extradition depuis que la justice française a donné son accord. Ce que ses soutiens redoutent, c’est la suite. Si Gino part pour l’Allemagne, rien ne l’empêchera d’être remis ensuite à la Hongrie.
L’affaire remonte à une manifestation de néonazis à Budapest, en février 2023. Des coups de matraque et de marteau auraient été portés contre les participants. Gino est poursuivi dans cette affaire. En Hongrie, il risque vingt-quatre ans de prison. En Allemagne, la peine maximale serait de dix ans. Plusieurs victimes présumées sont allemandes, ce qui justifie la demande de Berlin.
Pour Gino, cette procédure est une chasse aux sorcières. Il se dit victime d’un acharnement politique, dans une Europe où l’antifascisme est criminalisé. La Hongrie a d’ailleurs classé le mouvement antifa comme organisation terroriste, imitant en cela les États-Unis. Un contexte qui angoisse le militant, même s’il assure vouloir défendre ses arguments devant la Cour de cassation. Il décrit une attente stressante, lui qui porte bonnet et fines lunettes, sac en bandoulière.
Ses partisans rappellent le précédent Maja. Cette militante non-binaire, impliquée dans les mêmes violences, avait été remise par l’Allemagne à la Hongrie. Elle a été condamnée à huit ans de prison. Le même scénario pourrait se reproduire pour Gino. D’où l’urgence, pour le comité de soutien, de peser sur l’ultime recours possible. La Cour de cassation se penchera sur le dossier, et si elle valide l’extradition, la marge de manœuvre deviendra quasiment nulle.
Plusieurs organisations et élus étaient présents au rassemblement, dont la députée Danièle Obono. Elle a apporté le soutien de son parti aux militants antifascistes réprimés par leurs États. Une manière de rappeler que le sort de Gino dépasse largement son cas personnel.
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