Europe
Berlin monte à bord du Rafale nucléaire français cette année
L’Allemagne va participer pour la première fois à un exercice nucléaire français dès 2025. Un pas concret vers une défense européenne commune, sans…

L’Allemagne va participer pour la première fois à un exercice nucléaire français dès 2025. Un pas concret vers une défense européenne commune, sans partage du feu atomique.
C’est une première historique. Friedrich Merz, le chancelier allemand, l’a annoncé vendredi sur X après un conseil des ministres franco-allemand. Son pays intégrera dès cette année un exercice nucléaire mené par la France. Concrètement, un Rafale des forces stratégiques françaises était déjà stationné sur la base aérienne de Nörvenich, près de Cologne. Un geste symbolique, mais aussi une étape opérationnelle, selon une déclaration commune d’Emmanuel Macron et du chancelier Merz.
Cette coopération s’inscrit dans le concept de « dissuasion avancée » présenté par Macron le 2 mars. Huit pays européens sont associés, mais avec une règle non négociable. Le président français garde seul le pouvoir de décider d’un engagement nucléaire. Aucun partage de l’arme atomique. Les partenaires participent avec des moyens conventionnels des exercices, comme des radars ou des capacités de frappe dans la profondeur. La France peut déployer temporairement des Rafale nucléaires sur leur sol. L’objectif est clair, rendre la dissuasion crédible sans sortir du cadre fixé par Paris.
Concrètement, les forces françaises réalisent déjà quatre fois par an l’exercice « Poker ». C’est une simulation d’une dizaine d’heures où des avions effectuent un raid nucléaire à très basse altitude et très grande vitesse, face à une force adverse. Des responsables britanniques y avaient déjà assisté en décembre. L’Allemagne va désormais y prendre une part active. Berlin insiste sur un point important. Cette coopération ne remplace pas la dissuasion de l’Otan. Elle la complète. Les deux pays assurent qu’elle respecte leurs obligations internationales et qu’elle renforce la sécurité de l’Europe entière.
Ce rapprochement militaire intervient alors que le projet d’avion de combat du futur, le SCAF, a connu un échec retentissant. Paris et Berlin en ont tiré les leçons. Ils réorientent leur stratégie vers des projets plus concrets et resserrés. Les responsables politiques veulent travailler main dans la main avec les industriels pour éviter de nouvelles dérives. Un standard commun pour assurer l’interopérabilité entre tous les systèmes de combat en vol, des drones aux avions de chasse, est désormais sur la table. Une manière de transformer un échec en nouvelle base de coopération.
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