Monde
Le rêve d’un cinéma irakien renaît à Bagdad
Des salles obscures à l’abandon aux films primés à Cannes, le cinéma irakien tente un retour. Une nouvelle génération de réalisateurs veut redonner vie au…


Des salles obscures à l’abandon aux films primés à Cannes, le cinéma irakien tente un retour. Une nouvelle génération de réalisateurs veut redonner vie au 7e art, malgré des moyens encore trop faibles.
Dans un quartier de Bagdad, une équipe s’affaire autour d’un décor de film d’horreur. Le réalisateur Ali al-Bayati règle les derniers détails d’une scène avant la sortie prévue fin 2026. Son objectif est clair, faire connaître son travail aux États-Unis et en Europe. « Faire revivre le secteur du cinéma en Irak n’est pas facile, mais ce n’est pas impossible », lâche-t-il. Derrière lui, les caméramans ajustent leurs focales. Ce tournage symbolise une ambition nouvelle pour tout un pays où le cinéma a longtemps été muselé ou réduit au silence.
Pourtant, le 7e art irakien a connu un âge d’or dans les années 1950, avec des coproductions égyptiennes et des œuvres comme « Saïd Effendi » en 1956, projeté à Cannes en 2025 après restauration. La machine s’est enrayée sous le régime de Saddam Hussein, qui a mis le cinéma au service de sa propagande. Puis sont venues les violences confessionnelles et la montée des groupes jihadistes, rendant tout tournage risqué. Dans le vieux Bagdad, les façades des cinémas historiques tombent en lambeaux. Enseignes cassées, murs décolorés, quelques affiches résistent encore. Plusieurs salles ont été transformées en entrepôts. Mais le retour d’une relative stabilité politique fait souffler un vent nouveau sur la scène culturelle.
Les signes de ce renouveau sont visibles. « Le gâteau du président », un film sur une fillette chargée de préparer un gâteau pour Saddam Hussein à l’époque des sanctions, a été récompensé à Cannes l’an dernier. Il commence à être projeté en Irak. Les autorités ont lancé en 2025 un programme de soutien à 58 projets de films. Avec un budget d’environ quatre millions d’euros, la somme est modeste. Wareth Kwaish, responsable du programme, souligne que dans d’autres pays, cela ne financerait qu’un seul grand projet. Le gouvernement travaille aussi à récupérer les archives du cinéma irakien et a signé des accords avec la France pour former les talents locaux.
Les défis restent immenses. Les équipes irakiennes manquent souvent de techniciens formés aux standards internationaux. Le réalisateur de « Le gâteau du président » a dû faire appel à des Européens, ce qui a créé des incompréhensions culturelles. Pour l’instant, les projections se concentrent dans les multiplexes des centres commerciaux, où Hollywood et le cinéma égyptien règnent. Les anciennes salles ont disparu, emportant avec elles une culture du visionnage en commun. Le documentariste Abdulhadi al-Rakeb regrette cette perte qui a freiné l’envie même de faire des films. Pourtant, Hasan Hadi, autre figure du secteur, reste prudemment optimiste. « De plus en plus de personnes veulent raconter leurs histoires, mais les ressources sont insuffisantes », dit-il. Pour lui, la priorité est de former et de financer davantage. Ali al-Bayati ajoute qu’avant de conquérir l’international, il faut gagner la confiance du public irakien. C’est la clé pour que les revenus assurent un avenir durable au cinéma du pays.
À lire aussi





PolitiqueEn Ligne 7 joursBudget 2027, Wauquiez écarte la censure et promet 20 milliards d’économies de plus



PolitiqueEn Ligne 5 joursLe Rassemblement national décroche enfin son premier groupe au Sénat



PolitiqueEn Ligne 7 joursPour Fabien Roussel, mieux vaut dialoguer avec les lycéens que laisser la violence prendre le dessus



SociétéEn Ligne 7 joursJusqu’à 500 lycées fermés lundi, 24 établissements saccagés



Faits DiversEn Ligne 4 joursRefus de mariage à Béziers, 7 500 euros d’amende réclamés contre Robert Ménard



SociétéEn Ligne 5 joursLes tracteurs de la Confédération paysanne vont rejoindre les lycéens dans la rue



EuropeEn Ligne 7 joursMerz débarque à Kiev avec un milliard d’euros et un avertissement à Moscou



SociétéEn Ligne 5 joursMain arrachée, œil perdu et mâchoire brisée, quatre enquêtes sur des blessures de lycéens








