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Algérie. L’abstention record aux législatives interroge la légitimité du scrutin

Seuls 20,79% des électeurs se sont déplacés pour élire leurs députés jeudi. Un taux historiquement bas qui ravive les questions sur la confiance des…

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Algérie. L'abstention record aux législatives interroge la légitimité du scrutin

Seuls 20,79% des électeurs se sont déplacés pour élire leurs députés jeudi. Un taux historiquement bas qui ravive les questions sur la confiance des citoyens envers leurs institutions.

Ce chiffre provisoire, annoncé tard dans la soirée par l’autorité électorale, constituerait un plus bas historique s’il était confirmé. Pour tenter de remobiliser, le vote a été prolongé d’une heure dans tout le pays. Mais dans les bureaux de la capitale, l’ambiance était celle d’un désert. Des agents électoraux et une poignée d’électeurs seulement étaient visibles dans l’après-midi. Un retraité de 74 ans, venu voter, a résumé l’état d’esprit de ceux qui ont fait le déplacement. « Nous sommes venus exercer notre devoir en espérant quelque chose de bien. C’est tout ce que j’ai à dire », a-t-il confié. Une phrase qui en dit long sur le désenchantement ambiant.

Cette défiance massive s’inscrit dans une histoire récente mouvementée. Les dernières législatives de 2021 avaient déjà enregistré un taux de participation de seulement 23%, le plus bas de l’histoire du pays à l’époque. Elles s’étaient déroulées dans le sillage du Hirak, ce mouvement de contestation populaire né en 2019 qui avait poussé à la démission du président de l’époque. Depuis, les rassemblements ont été interdits sous prétexte de pandémie, et les figures de proue du mouvement ont été incarcérées. Aujourd’hui encore, des organisations de défense des droits humains dénoncent un contrôle strict de l’espace public. Le scrutin a aussi été marqué par une controverse : environ un tiers des listes candidates ont été invalidées, ce qui a poussé plusieurs partis à dénoncer des exclusions arbitraires.

Au-delà du chiffre brut, l’enjeu est politique. Le pouvoir cherchait à obtenir une forte participation pour asseoir la « pleine légitimité » de la future Assemblée. Mais le faible taux interroge directement la représentativité des élus qui sortiront des urnes. Les formations proches du pouvoir comme le FLN devraient malgré tout dominer les 407 sièges à pourvoir pour cinq ans. Mais dans un pays où les attentes sociales et économiques sont immenses, surtout chez les jeunes, ce scrutin ressemble surtout à un nouveau signal de défiance. Les résultats définitifs sont attendus dans les prochains jours. Ils risquent de confirmer ce que beaucoup redoutaient : une crise de confiance qui ne se résout pas par une prolongation d’une heure de vote.

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