Culture
La ville vous cuit la nuit. Jusqu’à 7°C de plus qu’à la campagne
Le béton et l’asphalte transforment les nuits en fournaise. Un écart de température qui empêche le corps de récupérer et menace notre santé.


Le béton et l’asphalte transforment les nuits en fournaise. Un écart de température qui empêche le corps de récupérer et menace notre santé.
La canicule, c’est déjà dur le jour. Mais quand la nuit ne rafraîchit rien, le corps s’épuise. En ville, les températures nocturnes restent souvent au-dessus de 20°C. Les matériaux minéraux comme le bitume des routes ou le béton des immeubles absorbent la chaleur toute la journée et la relâchent une fois le soleil couché. Résultat : la nuit, il peut faire jusqu’à 7°C de plus dans les zones urbaines que dans les campagnes environnantes. Ce n’est pas un coup de chaud isolé. Le chercheur Xavier Foissard explique que ce phénomène d’îlot de chaleur urbain apparaît en moyenne une nuit sur deux à Grenoble.
Les nuits tropicales se multiplient en centre-ville. À quelques kilomètres de Grenoble, dans la commune du Versoud, on compte une à cinq nuits tropicales par an. Dans le centre dense de Grenoble, ce chiffre monte à trente, quarante, voire cinquante nuits sur la même période. L’écart ne dépend pas que du climat général. L’ombre des bâtiments en journée et la végétation jouent un rôle clé. Dans un quartier très minéral où seulement 9 % des surfaces sont végétalisées, l’îlot de chaleur atteint en moyenne 4,6°C. Dans un autre, avec 60 % de surfaces vertes, il descend à 3°C. Le choix d’aménagement change la vie la nuit.
Face à cette chaleur qui ne lâche pas, des villes commencent à agir. Elles plantent des arbres, remplacent le bitume par des sols perméables, réaménagent les cours d’écoles. Ces gestes réduisent la température ressentie lors des vagues de chaleur. Mais ces travaux coûtent cher. Pour aider les collectivités, l’État a lancé le Fonds vert en 2023, destiné à financer la transition écologique des territoires. Problème : son budget fond à vue d’œil. 2,5 milliards d’euros en 2024, 1,15 milliard en 2025, et seulement 837 millions prévus pour 2026. Moins d’argent pour végétaliser et débétoniser signifie plus de nuits étouffantes pour les citadins.
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