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Olivier Faure choisit le silence pour mieux peser sur la présidentielle
Le patron du PS refuse de dire s’il sera candidat, alors que la gauche cherche désespérément une sortie de crise. Derrière ce mutisme calculé, une…


Le patron du PS refuse de dire s’il sera candidat, alors que la gauche cherche désespérément une sortie de crise. Derrière ce mutisme calculé, une stratégie qui agace ses alliés et interroge jusqu’à ses propres militants.
Olivier Faure ne lâche rien. Depuis des mois, le premier secrétaire du Parti socialiste répète qu’il n’y a « pas de candidat naturel à gauche ». Mais quand on le pousse à se déclarer, il esquive. Un cadre de Place publique, le parti de Raphaël Glucksmann, raconte une scène lors d’une réunion de négociation. Les opposants internes d’Olivier Faure lui ont demandé s’il comptait se lancer. Réponse : un silence poli, pas un mot. « C’est l’éléphanteau au milieu de la pièce », glisse ce même responsable.
L’entourage du premier secrétaire justifie cette position par une priorité : rassembler la gauche avant de songer à sa propre ambition. Olivier Faure veut un processus de primaire qui permette à son camp de décrocher une place au second tour. Problème, cette primaire divise. Raphaël Glucksmann, en tête des sondages à gauche, refuse le principe. Les Verts s’impatientent. Et au PS même, le chef des députés Boris Vallaud a claqué la porte, reprochant à Faure ses accords locaux avec La France insoumise et son obsession pour une primaire qui fragilise le parti.
Résultat, Olivier Faure peine à exister dans le débat public. Un cadre écologiste le dit « absent » : pas au congrès des Jeunes agriculteurs, pas au colloque de Terra Nova sur l’énergie, pas aux rencontres économiques d’Aix-en-Provence. Autant de rendez-vous qui comptent en campagne. Lui préfère la scène internationale : Taïwan, Berlin, des déplacements qui marchent sur les plates-bandes de Glucksmann, notamment sur la défense des Ouïghours. Ses proches assurent qu’il avance « avec méthode », qu’il « vapote sans bruit ». Mais dans les sondages, il stagne autour de 4 % des intentions de vote.
Pourtant, son camp le voit candidat. Luc Broussy, président du conseil national du PS, l’affirme : « À l’évidence, il souhaite être candidat. » Il ajoute que Faure a « totalement intériorisé » qu’il ne peut pas se déclarer tant qu’il n’a pas trouvé de compromis. Un autre proche va plus loin : « La pire crainte de Raphaël Glucksmann, c’est que Faure soit candidat. » Mais le temps joue contre lui. Les militants, eux, n’ont « aucune animosité » mais pas d’enthousiasme non plus. Un responsable d’un parti de gauche résume le dilemme : « Il aurait dû se déclarer juste après les municipales, il aurait écrasé le match. Aujourd’hui, je ne sais pas. »





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