Économie
Renouvellement éolien dans la Somme pour produire davantage avec moins de nouvelles installations

Cinq éoliennes vieilles de dix-neuf ans sont déconstruites à Fienvillers, dans la Somme, afin de laisser place à des turbines plus modernes et nettement plus performantes. Cette opération illustre la stratégie française visant à accroître la capacité énergétique sans multiplier les parcs.
Dans un champ de la Somme, deux grues s’emploient à démanteler cinq éoliennes arrivées en fin de vie. Hautes de cent dix mètres, ces machines seront remplacées par des modèles plus récents, culminant à cent trente mètres en bout de pale. L’objectif est de maximiser la production électrique tout en limitant l’empreinte foncière.
Les pales de quatorze tonnes sont déposées une à une, puis découpées pour être recyclées. L’acier, le cuivre et les composites seront réutilisés dans d’autres filières. Le taux de valorisation des composants devrait dépasser quatre-vingt-quinze pour cent. Les socles en béton seront déconstruits dans les semaines suivantes.
Grâce aux progrès technologiques, la production annuelle du site passera de quinze à vingt-cinq gigawattheures. Cette augmentation de soixante-cinq pour cent permettra d’alimenter onze mille foyers contre six mille cinq cents auparavant. Le gain illustre l’efficacité du renouvellement, appelé repowering, désormais inscrit dans la programmation énergétique nationale.
Cette méthode évite la création de nouveaux parcs et améliore l’acceptabilité locale. Les collectivités voient leurs recettes fiscales augmenter avec la hausse de la puissance installée. La commune de Fienvillers, sept cents habitants, perçoit désormais cent dix mille euros par an.
Cependant, le repowering n’est pas sans contraintes. Si la hauteur des pales ne croît pas de plus de trente-trois pour cent, les démarches administratives sont simplifiées, mais de nouvelles études d’impact sur la faune, le bruit et le paysage demeurent obligatoires. Par ailleurs, quatre-vingts pour cent des parcs français subissent des limitations imposées par les radars militaires, ce qui freine l’installation de modèles très hauts comme ceux utilisés en Italie. Ces derniers, avec leurs deux cent vingt mètres de hauteur, produisent une électricité nettement moins coûteuse.
L’exploitant prévoit de quatre à six opérations de repowering chaque année, représentant environ quatre cent cinquante mégawatts. Le chantier de Fienvillers s’achèvera en fin d’année, tandis que les nouvelles éoliennes commenceront à fournir du courant dès le mois de septembre.

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