Économie
Prix alimentaires : le gouvernement prône des ajustements ciblés face aux tensions au Moyen-Orient

L’exécutif invite distributeurs et industriels à un dialogue au cas par cas pour amortir les hausses de coûts liées au conflit, sans rouvrir l’ensemble des négociations commerciales.
Le gouvernement a exhorté lundi la grande distribution et les industriels de l’agroalimentaire à engager un dialogue constructif et individualisé afin de prendre en compte la hausse récente de certaines charges. Cette invitation fait suite à une première réunion organisée à l’initiative des ministres de l’Agriculture et du Commerce, alors que plane depuis plusieurs semaines la perspective d’une renégociation des accords commerciaux, habituellement source de tensions. La fin des précédentes discussions avait coïncidé avec le déclenchement des hostilités au Moyen-Orient.
Depuis le blocage du détroit d’Ormuz, les prix du carburant, des emballages plastiques et de l’énergie utilisée dans les usines agroalimentaires ont augmenté. L’industrie réclame que ces surcoûts soient répercutés dans les rayons des supermarchés. Dès la mi-avril, l’exécutif avait pourtant indiqué ne pas souhaiter rouvrir l’ensemble des négociations, une position réaffirmée à l’issue de cette réunion. Dans une déclaration commune, les ministres ont appelé les acteurs à identifier, au cas par cas, les postes de coûts ayant subi un alourdissement récent et à engager des échanges pour en tenir compte.
Le président de l’Association nationale des industries alimentaires a souligné l’urgence d’agir, estimant qu’il s’agit d’une question de survie pour le secteur. Il a précisé que la distribution avait demandé des justifications pour toute hausse, et que les augmentations envisagées resteraient modestes, de l’ordre de quelques centimes par produit, et limitées dans le temps. Il a rappelé que les matières plastiques sont essentielles à la sécurité sanitaire des aliments, notamment pour les produits laitiers et la charcuterie.
Ces deux filières, ainsi que la Coopération agricole qui regroupe les coopératives de producteurs et leurs outils de transformation, ont été les premières à réclamer une réouverture des discussions. Le vice-président de cette organisation a insisté sur la nécessité d’ajustements pour certains produits, tout en excluant une renégociation globale. Il a également alerté sur le renchérissement des engrais et sur un risque de pénurie à l’automne si le conflit se prolongeait. La fédération des distributeurs, qui ne s’est pas exprimée immédiatement, devait communiquer dans la soirée.

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