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Le détroit d’Ormuz, épicentre d’une crise énergétique mondiale

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Les attaques contre des navires marchands et des infrastructures pétrolières dans le golfe Persique font planer la menace d’une paralysie du trafic maritime et d’une pénurie d’hydrocarbures, poussant les grandes puissances à envisager des mesures d’urgence.

Au moins trois bâtiments de commerce, un porte-conteneurs, un cargo et un vraquier, ont été la cible de tirs non identifiés mercredi à proximité immédiate du détroit d’Ormuz. Ce passage maritime stratégique, par lequel transite une part substantielle des approvisionnements mondiaux en pétrole, est devenu le théâtre d’une escalade préoccupante. Ces incidents portent à quatorze le nombre d’attaques recensées contre des navires depuis la fin du mois de février, selon l’agence maritime britannique UKMTO.

Les représailles iraniennes aux frappes israélo-américaines se sont intensifiées, prenant pour cible les infrastructures énergétiques de la région. L’Arabie saoudite a annoncé avoir intercepté des drones visant le gigantesque champ pétrolier de Shaybah, ainsi que des missiles dirigés vers une base abritant du personnel américain. Par mesure de précaution, les autorités émiraties ont procédé à la fermeture temporaire de la raffinerie de Ruwais, l’une des plus importantes au monde, après des attaques de drones à proximité. À Doha, le ministère de l’Intérieur a évoqué un niveau de menace sécuritaire élevé, tandis que des drones sont tombés près de l’aéroport de Dubaï, faisant plusieurs blessés.

Cette déstabilisation du corridor énergétique mondial a des répercussions immédiates sur les marchés financiers. Les places boursières européennes ont enregistré de nouvelles baisses mercredi, dans un contexte de volatilité extrême des cours. La perspective d’une interruption durable du trafic dans le détroit, que Téhéran contrôle de facto, suscite une inquiétude croissante au sein de la communauté internationale. Les ministres de l’Énergie du G7 ont exprimé leur soutien à des actions proactives pour faire face à la situation, alors que l’Agence internationale de l’énergie étudie un recours massif aux réserves stratégiques de pétrole.

La veille, le commandement central américain avait annoncé la destruction d’une flottille de seize navires iraniens soupçonnés de poser des mines. Cette annonce a relancé les spéculations sur une possible tentative de bloquer le détroit, une manœuvre aux conséquences économiques potentiellement désastreuses. Des experts en sécurité maritime soulignent la complexité et le coût exorbitant qu’impliquerait un dispositif militaire d’escorte pour les pétroliers, face à un arsenal naval iranien estimé à plusieurs milliers de mines.

De son côté, l’Iran affiche une détermination sans faille. Les Gardiens de la révolution ont revendiqué une série de frappes qu’ils présentent comme les plus importantes depuis le début des hostilités. Les autorités de Téhéran ont assuré que le nouveau guide suprême, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, désigné après la mort de son père, se portait bien, bien que celui-ci ne soit pas apparu publiquement. Le pouvoir iranien maintient également un discours ferme sur le plan intérieur, avertissant que toute contestation serait sévèrement réprimée.

Les affrontements se poursuivent sur d’autres fronts. Israël a signalé de nouveaux tirs de missiles en provenance du territoire iranien, causant des blessés près de Tel-Aviv. L’aviation israélienne a quant à elle mené des raids sur la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah. Au Liban, le gouvernement fait état d’un nombre considérable de déplacés depuis la reprise des combats frontaliers. À Téhéran, les habitants décrivent des explosions qui ébranlent la ville, visant principalement, selon eux, des objectifs militaires et sécuritaires, mais dont les effets se font ressentir bien au-delà.

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