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Des plaques d’immatriculation au service de la science pour compter les insectes

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Une application de sciences participatives invite les conducteurs à photographier leur plaque d’immatriculation après chaque trajet pour mesurer le déclin des populations d’insectes volants.

Le Muséum national d’histoire naturelle, en collaboration avec l’Office français de la biodiversité et des associations spécialisées, a lancé un programme de recensement original. Baptisé « Les insectes, ça compte ! », ce dispositif repose sur la participation des automobilistes qui doivent compter les insectes écrasés sur leur plaque d’immatriculation à l’aide de l’application BugsMatter. L’initiative s’inspire d’un constat partagé par de nombreux conducteurs depuis les années 1970, celui d’une diminution notable des insectes percutés lors des trajets.

L’objectif de cette démarche est de collecter des données scientifiques sur l’évolution des populations d’insectes en France. Une étude allemande publiée en 2017 dans la revue PLOS One avait déjà mis en évidence une perte de 75% de la biomasse d’insectes en 27 ans dans des zones naturelles protégées. Grégoire Loïs, directeur adjoint du Muséum national d’histoire naturelle, souligne la simplicité du protocole qui le rend accessible à tous les possesseurs de véhicules. Contrairement à d’autres programmes de sciences participatives, celui-ci ne nécessite qu’un geste simple après chaque trajet automobile.

L’application permet de renseigner la localisation du trajet et de photographier la plaque après l’avoir nettoyée au préalable. Les participants sont encouragés à envoyer leurs résultats même lorsqu’aucun insecte n’est visible sur la plaque. Ces données négatives sont considérées comme tout aussi précieuses, car elles peuvent révéler des signaux forts sur l’état des populations d’insectes dans certaines régions. Le programme, déjà utilisé au Royaume-Uni depuis 2021, espère réunir des milliers de participants parcourant des millions de kilomètres pour obtenir une cartographie fiable.

À plus long terme, les chercheurs du Muséum envisagent de récupérer les échantillons d’insectes écrasés pour les identifier par analyse ADN. Cette étape permettrait de déterminer quelles espèces sont les plus touchées par le déclin. L’initiative vise également à sensibiliser le grand public à la disparition des insectes, un phénomène aux conséquences écologiques majeures.

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