Économie
Le verrouillage d’Ormuz paralyse les échanges mondiaux

_**La fermeture de ce passage stratégique interrompt brutalement une part majeure des flux maritimes, affectant des chaînes d’approvisionnement bien au-delà du secteur énergétique.**_
L’arrêt de la navigation dans le détroit d’Ormuz constitue une situation inédite pour le commerce international. Ce point de transit, par lequel s’écoule environ le quart du pétrole mondial et un cinquième du gaz naturel liquéfié, est désormais immobile. Contrairement aux périodes de conflits passés, où la circulation était maintenue malgré les tensions, le trafic y est aujourd’hui totalement suspendu. Les principaux armateurs mondiaux ont en effet ordonné à leurs navires de s’immobiliser et de se mettre en sécurité.
Cette paralysie impacte profondément les échanges régionaux. Le port de Jebel Ali, à Dubaï, qui sert de plaque tournante logistique pour une dizaine de pays, se trouve isolé. Son rôle crucial dans le transbordement des conteneurs vers des destinations allant de l’Afrique de l’Est à l’Inde est actuellement neutralisé. L’effet de congestion est visible sur les cartes de trafic maritime, qui montrent des groupes de navires, notamment des pétroliers, à l’ancre près du Koweït, de Dubaï et du port iranien de Bandar Abbas.
Les conséquences s’étendent à une large gamme de produits. Si les hydrocarbures sont les plus exposés, les flux de marchandises manufacturées sont également perturbés. L’Europe exporte par cette voie des véhicules, des machines, des produits agricoles, des cosmétiques et des articles de luxe. La région du Golfe est, quant à elle, un exportateur significatif de dérivés comme les engrais et les plastiques, ainsi que d’aluminium primaire.
Cette interruption force les acteurs du transport à reconsidérer leurs itinéraires, dans un contexte déjà tendu par les risques dans la mer Rouge. Le contournement par le cap de Bonne Espérance allonge les temps de transit d’une dizaine de jours et entraîne une hausse substantielle des coûts du fret. Plusieurs plateformes commerciales ont d’ores et déjà notifié à leurs clients des délais de livraison prolongés. Cette crise de circulation maritime introduit ainsi une nouvelle variable d’incertitude et de surcoût dans les échanges globaux.

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