Monde
L’ancien chef d’État sud-coréen conteste sa condamnation à perpétuité

L’ex-président Yoon Suk Yeol a formé un recours contre la peine de réclusion criminelle à vie prononcée à son encontre pour avoir instauré la loi martiale en 2024. Son conseil juridique a annoncé cette démarche, estimant devoir corriger ce qu’il qualifie d’erreur judiciaire.
La défense de l’ancien président a déposé un appel après la décision rendue la semaine dernière par le tribunal du district central de Séoul. Les juges avaient retenu le chef d’insurrection, considérant que la proclamation de l’état d’exception, suivie du déploiement de l’armée devant le Parlement, visait à entraver durablement les travaux de l’Assemblée nationale. L’ex-homme d’État, âgé de soixante-cinq ans, justifiait alors cette mesure par la nécessité de contrer des menaces qu’il attribuait à des éléments pro-nord-coréens et par l’obstruction systématique, selon lui, d’une chambre dominée par l’opposition.
Le décret, pris de manière soudaine en décembre 2024, n’avait finalement suspendu l’ordre constitutionnel que pendant quelques heures. Un groupe de parlementaires était parvenu à siéger malgré le dispositif militaire pour adopter une motion condamnant cet acte, contraignant le pouvoir exécutif à revenir sur sa décision. Cet épisode a néanmoins provoqué une onde de choc politique, donnant lieu à d’importantes mobilisations citoyennes, à des turbulences sur les marchés financiers et à une inquiétude palpable parmi les partenaires stratégiques du pays, au premier rang desquels les États-Unis.
La crise institutionnelle ouverte par ces événements a conduit, après plusieurs mois d’instabilité, à la destitution de Yoon Suk Yeol par la Cour constitutionnelle au printemps 2025. Un scrutin présidentiel anticipé a ensuite porté au pouvoir le candidat de l’opposition de gauche, Lee Jae Myung. Vendredi dernier, l’ancien président avait fait part, par l’intermédiaire de ses avocats, de sa difficulté à accepter le verdict, présentant des excuses pour les troubles engendrés tout en maintenant que sa décision avait été guidée par l’intérêt supérieur de la nation.
Son équipe juridique a désormais choisi de porter l’affaire devant une juridiction supérieure. Elle affirme vouloir préserver la mémoire historique et contester ce qu’elle décrit comme une responsabilité excessive imputée à son client. La procédure d’appel ouvre ainsi un nouveau chapitre judiciaire autour d’une des périodes les plus tendues de la vie politique sud-coréenne récente.

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