Monde
L’armée pakistanaise frappe des positions rebelles en territoire afghan

Les autorités de Kaboul dénoncent des pertes civiles, dont des femmes et des enfants, dans plusieurs districts frontaliers, promettant une réponse.
L’armée pakistanaise a annoncé avoir mené, dans la nuit de samedi à dimanche, une série de frappes aériennes sur le sol afghan. Ces opérations, présentées comme ciblées, visaient selon Islamabad des camps de groupes armés qu’il accuse de mener des attaques sur son territoire. Les forces pakistanaises affirment avoir visé des installations appartenant au Mouvement des talibans pakistanais ainsi qu’à une faction affiliée à l’organisation État islamique.
De son côté, le gouvernement afghan a immédiatement condamné ces bombardements, les qualifiant d’atteintes à sa souveraineté. Les autorités de Kaboul font état de victimes civiles dans les provinces orientales de Nangarhar et de Paktika. Des sources locales évoquent des dizaines de morts et de blessés, parmi lesquels des femmes et des enfants, après que des habitations ont été touchées dans plusieurs districts. Des opérations de secours sont en cours pour rechercher des survivants sous les décombres.
Cette escalade intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les deux pays voisins. Islamabad reproche régulièrement aux autorités talibanes de Kaboul de ne pas empêcher l’activité de groupes insurgés opérant depuis la frontière afghane. Ces frappes représentent l’épisode le plus significatif depuis des affrontements transfrontaliers survenus à l’automne dernier, qui avaient déjà causé la mort de dizaines de personnes.
Le ministère afghan de la Défense a averti qu’il préparait une réponse appropriée à ces frappes, tout en réaffirmant son refus de laisser son territoire être utilisé pour menacer la sécurité d’autres nations. La frontière terrestre entre les deux pays reste fermée depuis plusieurs mois, une mesure qui perturbe profondément les échanges économiques et la vie des populations frontalières.
Cette nouvelle flambée de violence souligne la fragilité de la sécurité régionale et la difficulté à contenir les activités de groupes armés dans les zones tribales frontalières. Les appels au dialogue et au respect de la souveraineté se heurtent à une logique sécuritaire qui risque d’alimenter un cycle de représailles.

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