Monde
Le parcours contrarié d’un soldat kényan dans le conflit ukrainien

Un ressortissant africain, recruté par Moscou sous de faux prétextes, témoigne de son engagement forcé et de sa détention en territoire ukrainien.
Adossé à la paroi de sa cellule, Evans Kibet arbore un visage marqué par l’épreuve. Cet ancien athlète kényan, qui nourrissait l’ambition de se consacrer au sport de haut niveau, a vu son destin basculer lorsqu’il a été enrôlé dans les rangs de l’armée russe. Il affirme aujourd’hui avoir été trompé sur la nature réelle de son contrat, présenté initialement comme un simple emploi de gardiennage en Russie.
Le trentenaire explique s’être rendu dans le pays pour participer à un événement sportif, envisageant même de s’y installer durablement. C’est à ce moment qu’on lui aurait proposé un poste dont la description dissimulait en réalité un engagement militaire. Ne maîtrisant pas la langue russe, il aurait signé des documents sans en comprendre la teneur exacte. Ce n’est qu’après avoir été envoyé dans un camp d’entraînement qu’il aurait pris conscience de la supercherie.
Capturé près de Vovtchansk, dans la région de Kharkiv, l’homme est désormais détenu dans un établissement pénitentiaire ukrainien réservé aux prisonniers de guerre. Il évoque avec réticence son expérience sur le front, préférant décrire les conditions de sa reddition après trois jours d’errance en forêt. Épuisé et désorienté, il aurait alors abandonné son arme avant de se diriger vers des positions dont il ignorait si elles étaient tenues par les forces ukrainiennes ou russes.
Le cas de ce ressortissant kényan s’inscrit dans un phénomène plus large touchant plusieurs pays africains. Des centaines de leurs citoyens auraient été recrutés par Moscou depuis le début des hostilités, souvent attirés par des promesses d’emploi ou d’avantages financiers. Plusieurs gouvernements, dont ceux du Togo et du Cameroun, ont d’ailleurs mis en garde leurs populations contre ces pratiques.
Au Kenya, la famille d’Evans Kibet décrit un homme issu d’un milieu modeste, qui s’entraînait quotidiennement dans l’espoir de participer à des compétitions internationales. Bien qu’ayant fait l’objet d’une condamnation dans son pays, celle-ci aurait été annulée pour vice de procédure. Le détenu nourrit aujourd’hui l’espoir de retrouver sa terre natale, tout en reconnaissant la complexité des négociations concernant le sort des combattants étrangers.
Les échanges de prisonniers constituent l’un des rares domaines où Russes et Ukrainiens maintiennent une forme de coopération. Cependant, la situation des ressortissants de pays tiers semble particulièrement délicate, leur libération pouvant nécessiter des processus spécifiques. Cette réalité illustre la dimension internationale d’un conflit qui mobilise des combattants venus des quatre coins du monde, chacun porteur d’une histoire personnelle souvent méconnue.

PolitiqueEn Ligne 7 joursMarine Le Pen veut transformer son congrès d’Orléans en rampe de lancement
PolitiqueEn Ligne 3 joursMélenchon veut changer le patron de Bpifrance et faire gonfler l’épargne des Français
MondeEn Ligne 5 joursMbappé perd deux partenariats chinois après une vidéo sur Mao
PolitiqueEn Ligne 5 joursMélenchon ne veut aucun pardon après l’attentat des Yvelines
MondeEn Ligne 2 joursHaïti, 2 000 soldats salvadoriens débarquent et brouillent la carte sécuritaire
Faits DiversEn Ligne 5 joursÀ Trappes, un homme tué pour sa couleur de peau et un ministre qui parle d’attentat
Faits DiversEn Ligne 6 joursTrappes, la garde à vue du suspect levée après un examen psychiatrique
SociétéEn Ligne 5 joursLa jeunesse obtient des pistes mais garde la pression
















