Économie
La Chine plaide pour une gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle

Face aux enjeux technologiques et géopolitiques, Pékin appelle à un équilibre entre innovation et régulation.
Le gouvernement chinois a réaffirmé sa volonté de promouvoir une approche collaborative dans le développement de l’intelligence artificielle, lors de la Conférence mondiale sur l’IA à Shanghai. Le Premier ministre Li Qiang a souligné la nécessité d’un cadre international pour concilier progrès technologique et maîtrise des risques, dans un contexte de compétition accrue avec les États-Unis.
Alors que l’administration américaine, sous l’impulsion de Donald Trump, prône une politique de laisser-faire pour favoriser l’avance technologique, la Chine défend une vision plus encadrée. Li Qiang a annoncé la création d’un organisme destiné à renforcer la coopération internationale, sans toutefois en préciser les contours opérationnels. Selon les médias officiels, cette structure pourrait être basée à Shanghai et viserait à instaurer une gouvernance inclusive, fondée sur le partage des connaissances.
Les tensions entre Washington et Pékin sur les questions technologiques restent vives. Les restrictions américaines sur les exportations de semi-conducteurs vers la Chine ont été évoquées comme un frein au développement du secteur. Le vice-ministre des Affaires étrangères, Ma Zhaoxu, a dénoncé les tendances protectionnistes, tandis que Li Qiang a mis en garde contre les risques de monopolisation de l’IA par quelques acteurs dominants.
L’essor rapide de cette technologie soulève par ailleurs des défis éthiques majeurs, de la désinformation aux bouleversements socio-économiques. Le secrétaire général de l’ONU, dans une intervention vidéo, a qualifié la gouvernance de l’IA de « test décisif » pour la communauté internationale. Une position partagée par plusieurs pays lors du sommet de Paris en février, où une majorité de nations, à l’exception notable des États-Unis, s’étaient prononcées pour un renforcement de la régulation.
La Chine, qui mise sur l’autonomie technologique, a démontré ses capacités avec des avancées notables, comme le modèle DeepSeek, rivalisant avec les systèmes occidentaux malgré des contraintes matérielles. Reste à savoir si la recherche de consensus prônée par Pékin pourra s’imposer face aux logiques de puissance qui divisent les grandes nations.

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