Monde
Mongolie : un nouveau chef de gouvernement face à la colère populaire

La démission du Premier ministre sous la pression de la rue ouvre une ère politique incertaine, avec la nomination d’une figure expérimentée pour apaiser les tensions.
Le Parlement mongol a officialisé vendredi la nomination de Gombojav Zandanshatar au poste de Premier ministre, succédant ainsi à Luvsannamsrain Oyun-Erdene, contraint à la démission début juin après des semaines de mobilisations populaires. Ces manifestations, portées par une jeunesse excédée par la corruption et les difficultés économiques, ont marqué un tournant dans le pays, mettant en lumière les fractures entre la population et ses dirigeants.
L’ancien président de l’assemblée législative, âgé de 52 ans, a été élu avec une large majorité, recueillant 108 voix sur les 117 députés présents. Dans son premier discours, il a promis de prioriser la relance économique et l’amélioration du quotidien des Mongols, tout en reconnaissant l’urgence de restaurer la confiance dans les institutions. Son expérience politique, notamment comme ministre des Affaires étrangères et chef de cabinet du président actuel, en fait un acteur clé pour tenter de stabiliser le pays.
Pourtant, les défis sont immenses. La Mongolie, riche en ressources minières mais minée par des décennies de malversations, voit une partie de sa population dénoncer l’accaparement des richesses par une élite jugée privilégiée. Les récentes tensions politiques, exacerbées par la rupture de la coalition au pouvoir et le retrait du Parti démocrate, ont encore fragilisé le gouvernement. Si certains observateurs espèrent un « changement de cap », d’autres, particulièrement parmi les jeunes, restent sceptiques face à une classe politique perçue comme immuable.
Dans les rues d’Oulan-Bator, les réactions sont mitigées. Certains saluent l’expérience du nouveau dirigeant, tandis que d’autres, comme Zoljargal Ganzereg, un jeune économiste, expriment leur désillusion : « Si rien ne change, je n’aurai pas d’autre choix que l’exil. » Le mandat de Gombojav Zandanshatar s’annonce donc comme un pari, entre espoir de réforme et risque de continuité.

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