Société
YouTube et Instagram sur le banc des accusés pour leur impact sur la santé mentale des jeunes


_**Une jeune femme témoigne devant un tribunal californien de son addiction précoce aux plateformes numériques, qu’elle accuse d’avoir favorisé des troubles psychologiques graves.**_
Lors d’une audience civile à Los Angeles, une plaignante de vingt ans a décrit devant le jury son immersion précoce et intensive dans l’univers des réseaux sociaux. Elle a indiqué avoir commencé à utiliser YouTube dès l’âge de six ans, avant de créer seule un compte deux années plus tard, sans rencontrer les barrières théoriquement imposées aux mineurs de treize ans. La plateforme, a-t-elle souligné, est rapidement devenue le centre de son quotidien, au point de développer une dépendance qu’elle n’a pas réussi à surmonter.
Son parcours numérique s’est poursuivi sur Instagram, où elle s’est inscrite à neuf ans, encore une fois sans que son âge ne semble avoir été vérifié. Des pièces versées au dossier révèlent qu’elle y a consacré jusqu’à seize heures en une seule journée. La jeune femme a évoqué un sentiment permanent de manque lorsqu’elle n’était pas connectée, ainsi que des épisodes de cyberharcèlement subis sur cette application.
Son témoignage a mis en lumière les conséquences psychologiques qu’elle attribue à cette consommation excessive. Elle a rapporté avoir ressenti les premiers signes d’anxiété à neuf ans, puis avoir traversé une phase dépressive à dix ans, accompagnée de comportements d’automutilation. Un diagnostic de trouble dysmorphique corporel lui a depuis été établi. Interrogée sur son rapport actuel à son image, elle a confié avoir besoin de plusieurs heures de préparation avant de quitter son domicile.
Malgré ce vécu, la plaignante a reconnu continuer à utiliser ces services, jugeant leur abandon trop difficile. Son audition s’inscrit dans une procédure plus large visant à déterminer si les géants technologiques ont délibérément conçu leurs produits pour encourager un usage compulsif, au détriment du bien-être des utilisateurs. Le jury ne se prononcera pas sur la modération des contenus, protégée par la loi américaine, mais sur les stratégies commerciales des entreprises.
Ce procès est perçu comme un précédent potentiel pour des centaines d’autres actions similaires en cours aux États-Unis. Parallèlement, d’autres actions judiciaires sont en cours contre Meta, notamment au Nouveau-Mexique, où le groupe est accusé de prioriser ses revenus face aux risques encourus par les mineurs.





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