Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Londres sous haute tension lors de deux manifestations rivales

Article

le

Des dizaines de milliers de personnes ont convergé samedi dans le centre de la capitale britannique, partagées entre un rassemblement d’extrême droite et une contre-manifestation antiraciste, sous l’œil d’un imposant dispositif policier.

La capitale britannique a été le théâtre samedi d’une mobilisation d’envergure, rassemblant des sympathisants du militant anti-immigration Tommy Robinson et des opposants propalestiniens. Les autorités avaient déployé près de quatre mille agents pour encadrer ces défilés simultanés, alors que la finale de la Coupe d’Angleterre se jouait à Wembley. Les forces de l’ordre ont procédé à trente et une interpellations dans l’après-midi, tout en indiquant que les deux cortèges se déroulaient sans incident grave.

Pour la première fois lors d’une manifestation à Londres, la police a eu recours à des caméras de reconnaissance faciale en direct, en complément de véhicules blindés, drones et hélicoptères. Les organisateurs de la marche baptisée « Unite The Kingdom » espéraient rassembler plus de cinquante mille personnes, cherchant à réitérer le succès de leur précédent rassemblement de septembre, qui avait attiré jusqu’à cent cinquante mille participants.

Bien que non affiliée au parti anti-immigration Reform UK, cette démonstration de force intervient après les succès électoraux de Nigel Farage lors des scrutins locaux, ce dernier figurant en tête des intentions de vote pour les prochaines législatives de 2029. Sur les images aériennes, une marée de drapeaux anglais et britanniques s’étendait jusqu’à Parliament Square, où Tommy Robinson a dénoncé la politique migratoire du gouvernement travailliste. Des personnalités politiques d’extrême droite se sont succédé sur la tribune, aux côtés de la mère d’une femme tuée par un demandeur d’asile.

Parmi les participants, Christine Turner, une retraitée de soixante-six ans venue du nord-est de l’Angleterre, a confié son inquiétude face à l’immigration. « Nous sommes une île. Notre frontière n’est pas protégée. Il faut agir, cela dure depuis trop longtemps », a-t-elle déclaré. Rikki Webster, un chef d’entreprise de quarante ans originaire de l’Essex, a estimé que Tommy Robinson était la « voix des classes populaires », ajoutant que « le multiculturalisme est acceptable tant qu’il ne supplante pas votre culture ».

La présence de la Française Alice Cordier, fondatrice du collectif identitaire Némésis, a également été signalée. Avant l’événement, Tommy Robinson avait appelé ses partisans au calme, tandis que Downing Street avait annoncé l’interdiction d’entrée au Royaume-Uni pour onze « agitateurs étrangers d’extrême droite », dont l’Américano-Colombienne Valentina Gomez, accusée de propos incendiaires envers les musulmans. Le Premier ministre Keir Starmer avait qualifié vendredi les organisateurs de « voyous » et de « racistes condamnés ».

En parallèle, plusieurs milliers de manifestants propalestiniens se sont rassemblés pour commémorer la « Nakba » et s’opposer à l’extrême droite. « Racistes hors de nos rues, réfugiés bienvenus », scandaient-ils, arborant keffiehs et drapeaux palestiniens. Simon Ralls, un sexagénaire de Nottingham, a expliqué vouloir contrer l’extrême droite qui « se sent pousser des ailes ». Charlie, venu de Cardiff, s’est indigné que « de véritables fascistes tenant des propos racistes soient autorisés à défiler dans les rues de Londres ».

La police londonienne avait promis d’interpeller toute personne scandant « Mondialisons l’intifada », un slogan jugé « totalement inacceptable » par Keir Starmer après une attaque au couteau. Ces tensions surviennent alors que le Royaume-Uni a relevé son niveau de menace terroriste à « sévère » début mai, en raison d’une hausse des menaces islamistes et d’extrême droite.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus