Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

La 70e édition de l’Eurovision s’élance de Vienne avec un duel annoncé entre la Finlande et l’Australie

Article

le

Ce samedi soir, la capitale autrichienne a donné le coup d’envoi de la grande finale du concours musical planétaire, marquée par l’absence de cinq pays protestant contre la participation d’Israël.

À 21 heures précises, les premières notes du Te Deum de Charpentier ont retenti dans la Stadthalle de Vienne, signalant le début d’une soirée de plus de deux heures devant plus de onze mille spectateurs. Le contre-ténor autrichien JJ, vainqueur de l’édition précédente, a ouvert le bal en interprétant un extrait de l’air de la Reine de la nuit, tiré de La Flûte enchantée de Mozart, hommage à l’enfant prodige du pays hôte.

Le duo finlandais fait figure d’archi-favori, promettant d’embraser la scène circulaire avec une performance aussi littérale que métaphorique. La violoniste Linda Lampenius, âgée de cinquante-six ans, a obtenu une dérogation pour jouer en direct sur son Gagliano de 1781, malgré la règle imposant le préenregistrement des instruments. Elle accompagne Pete Parkkonen, trente-six ans, sur le titre “Liekinheitin”, qui signifie “lance-flammes”. Pour Fabien Randanne, journaliste spécialiste du concours, l’issue se jouera entre la Finlande et l’Australie, même si les deux dernières éditions ont déjoué les pronostics.

La star australienne Delta Goodrem, quarante et un ans et neuf millions d’albums vendus, s’est hissée à la deuxième place des bookmakers après la demi-finale de jeudi. Sa ballade “Eclipse”, célébrant la magie de l’amour, met en valeur sa voix puissante. La presse et le public l’ont placée en tête des votes à l’issue de la répétition générale de vendredi soir, suscitant l’espoir d’une première victoire pour l’Australie, invitée au concours depuis 2015.

La progression de l’Australienne s’est faite au détriment des représentants de la Grèce, d’Israël et du Danemark, désormais respectivement troisièmes, cinquièmes et septièmes des pronostics. La Bulgare Dara a intégré tardivement la quatrième place avec “Bagaranga”, un hymne à la fête et à l’émancipation dont le titre en patois jamaïcain signifie rébellion. La Roumaine Alexandra Capitanescu, vingt-deux ans, a également créé la surprise grâce à une présence scénique électrisante sur le titre heavy rock “Choke me”.

La France reste bien placée, mais en léger recul malgré la prestation très applaudie de Monroe, dix-sept ans, sur “Regarde!”, un morceau mêlant pop et opéra. Stéphane Bern, qui commente l’édition pour France Télévisions, se dit très confiant et salue une proposition audacieuse portée par la plus jeune candidate. Le journaliste Sébastien Dias-das-Almas, couvrant l’Eurovision depuis 2011, estime que le candidat italien Sal Da Vinci, cinquante-sept ans, pourrait créer la surprise avec son titre “Per sempre si” célébrant l’amour.

Seize chansons sont interprétées en anglais, mais vingt-cinq langues et dialectes, dont le maltais, résonneront sur scène. L’an dernier, cent soixante-six millions de téléspectateurs avaient suivi le concours, et l’Autriche espère égaler ce chiffre malgré le boycott de cinq pays, dont l’Espagne, l’Irlande et les Pays-Bas, qui reprochent à Israël sa conduite de la guerre dans la bande de Gaza. Plusieurs centaines de personnes scandant “Free Palestine” ont manifesté samedi sur une place centrale de Vienne, sous haute surveillance policière. Une étudiante de dix-sept ans, venue de l’autre bout de l’Autriche, a jugé déplorable d’offrir une tribune à ce qu’elle qualifie de génocide.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus