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Une mère jugée pour l’empoisonnement de ses deux filles

Le verdict est attendu ce mercredi après un procès aux assises des Landes. L’accusée, qui nie toute implication, soutient que sa fille aînée, décédée, s’est suicidée.
La cour d’assises des Landes doit rendre sa décision dans l’affaire de cette femme de 53 ans, jugée pour avoir attenté à la vie de ses deux filles. Les débats, ouverts fin novembre, se sont achevés mardi après le réquisitoire du ministère public et les plaidoiries des avocats de la défense. Les jurés et magistrats se sont retirés pour délibérer.
Les faits remontent à novembre 2019. Enea, 18 ans, est retrouvée en arrêt cardio-respiratoire dans la chambre de la maison familiale, à Dax. Transportée d’urgence à l’hôpital, la jeune fille, suivie pour des troubles psychologiques, décède six jours plus tard. Les analyses toxicologiques mettent en évidence la présence dans son organisme de Propranolol, un bêta-bloquant, à un taux considéré comme très élevé. Aucune ordonnance récente ne justifiait la détention de ce médicament.
L’enquête a par la suite étendu ses investigations à la sœur cadette de la victime, Luan. Des examens biologiques pratiqués en 2023 ont révélé chez cette dernière, alors mineure, des traces significatives de Zopiclone, un hypnotique réservé aux adultes. Sa mère bénéficiait, elle, de prescriptions régulières pour cette substance.
L’accusation soutient que la mère a administré à ses filles, sur une période prolongée, des médicaments susceptibles de mettre leur vie en danger. Une experte en toxicologie a évoqué devant la cour un état de « vulnérabilité chimique » qui aurait pu altérer le discernement des jeunes filles. Lors des perquisitions, des cachets de Propranolol ont été découverts dissimulés dans la chambre de la prévenue.
Tout au long de l’audience, l’accusée a maintenu sa version des faits. Elle affirme que sa fille aînée s’est donné la mort et rejette toute intention malveillante à l’encontre de sa cadette. Elle a décrit sa terreur face à des accusations qu’elle estime inconcevables. Sa défense a souligné les contradictions de l’enquête et l’absence de témoignage direct l’incriminant.
Le parcours médical complexe des deux sœurs a été longuement évoqué. Le père, ancien sportif de haut niveau séparé de l’accusée en 2009, a estimé que ses filles avaient été instrumentalisées dans un conflit l’opposant à leur mère. Une psychologue a évoqué, sans que cette piste ne fasse consensus, la possibilité d’un trouble factice imposé à autrui, caractérisé par la simulation ou la provocation de symptômes chez un proche.
L’instruction a également examiné des soupçons selon lesquels la prévenue aurait, depuis la prison où elle était écrouée, tenté de commander l’assassinat de son ex-mari. Des allégations qu’elle a qualifiées de rumeurs infondées. Le verdict mettra fin à une procédure judiciaire de plusieurs années.

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