Monde
Une grand-mère de Gaza, phare de résilience au milieu des décombres


Dans un paysage de destruction, Hiam Mouqdad incarne la persistance de la vie quotidienne, guidant ses petits-enfants à travers les ruines pour préserver leur humanité.
Les pas légers de trois enfants résonnent dans les allées défoncées du quartier Al Nasr, à Gaza-ville. Sous la surveillance attentive de leur grand-mère âgée de soixante-deux ans, Naeem, Moamen et Lulu parcourent les décombres à la recherche d’eau potable et de matériaux de première nécessité. Leur innocence contraste avec l’amoncellement de béton et de gravats qui constitue désormais leur terrain de jeu habituel.
Hiam Mouqdad organise ces expéditions quotidiennes avec une patience inébranlable. Elle sait que ces gestes simples – chercher de l’eau, récupérer des objets – permettent de maintenir un semblant de normalité. Les enfants, qui n’ont pas dépassé la dizaine d’années, ont vu leurs préoccupations évoluer radicalement. Leurs demandes ne concernent plus l’école ou les loisirs, mais se concentrent sur les besoins élémentaires.
Le chemin vers le point d’eau s’effectue à travers un paysage désolé, où seuls le bourdonnement des drones et le crissement des pas sur la poussière viennent troubler le silence. Les petites mains fouillent courageusement les décombres, extrayant parfois des morceaux de carton ou des brindilles qui serviront à allumer un feu modeste.
La famille a érigé un abri précaire sur les fondations de leur ancienne maison, détruite durant le conflit. Une tente blanche fournie par les Nations unies, des bâches vertes et quelques tôles constituent leur nouvel habitat. Madame Mouqdad évoque avec émotion l’annonce du cessez-le-feu, un mélange de soulagement et de chagrin face à l’ampleur des pertes matérielles et humaines.
L’absence d’infrastructures fonctionnelles rend chaque tâche quotidienne particulièrement ardue. L’approvisionnement en eau dépend d’un puits situé à cinq cents mètres, dont le fonctionnement reste tributaire de la disponibilité en carburant. La lessive s’effectue manuellement dans des bassines métalliques, et l’éclairage provient de bougies en l’absence totale d’électricité.
Sur le plan alimentaire, la situation reste extrêmement précaire. Les repas se limitent souvent à des nouilles préparées sans accompagnement, les légumes frais étant devenus une denrée inaccessible. Malgré les distributions d’aide signalées par les organisations internationales, les familles comme celle de Madame Mouqdad estiment que les secours demeurent insuffisants au regard des besoins.
Les conséquences psychologiques de cette existence parmi les ruines se manifestent notamment chez les plus jeunes, qui présentent des signes de détresse émotionnelle. Leur grand-mère observe ces changements comportementaux avec inquiétude, tout en maintenant une détermination farace à préserver leur dignité.
Dans cette réalité où chaque geste devient une victoire sur l’adversité, Hiam Mouqdad incarne une forme de résistance silencieuse. Son objectif dépasse la simple survie. Il s’agit de réinsuffler de l’espoir dans le quotidien, de maintenir vivante la flamme de l’humanité au cœur de l’une des pires crises humanitaires contemporaines.





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