Monde
Un toit en Afghanistan, mais l’isolement pour prix

Après des années d’exil en Iran, des familles afghanes bénéficient d’un programme de logements dans la province de Bamiyan. Si l’accès à la propriété apaise l’angoisse du lendemain, l’éloignement des services essentiels hypothèque leur quotidien.
Forcées de quitter le territoire iranien où elles résidaient, plusieurs familles afghanes ont récemment pu s’installer dans des habitations neuves à la périphérie de Bamiyan. Ce projet, soutenu par une agence des Nations unies, offre une stabilité résidentielle à des personnes ayant connu des mois d’hébergement précaire au retour dans leur pays. Leur satisfaction de posséder enfin un logement se heurte cependant à une réalité tangible, l’éloignement de toute infrastructure de base.
Ces familles font partie des centaines de milliers d’Afghans qui ont été incités à revenir depuis l’Iran et le Pakistan au cours des dernières années. Originaires de zones rurales défavorisées, beaucoup avaient émigré pour trouver du travail. Leur retour s’est souvent accompagné de difficultés économiques majeures, une grande partie des adultes peinant à retrouver un emploi stable.
Le programme a permis à une trentaine de foyers, dont plusieurs sont dirigés par des femmes seules, de construire et de devenir propriétaires d’une maison en dur. Cette acquisition représente une sécurité fondamentale pour des personnes ayant longtemps vécu dans la crainte de se retrouver sans abri. Les bénéficiaires ont participé aux travaux et perçu une compensation financière pour leur contribution.
L’accès à la propriété ne suffit pas à garantir des conditions de vie décentes. Les nouvelles constructions, situées dans un secteur surnommé « le versant sec », sont dépourvues de raccordement à l’eau courante. Les habitants doivent s’approvisionner auprès de camions-citernes, un service onéreux et irrégulier. Les sanitaires sont sommaires et extérieurs, sans possibilité d’installer une douche.
L’isolement géographique constitue le défi principal. Le quartier se trouve à plusieurs kilomètres de la ville de Bamiyan, sans commerce ni établissement scolaire à proximité. Pour se rendre au marché ou chercher un travail journalier, il faut emprunter une route de terre durant près de deux heures. L’accès à la première école implique une marche tout aussi longue, une perspective inquiétante pour les mères de famille, surtout pendant l’hiver.
Les autorités locales reconnaissent ces lacunes et évoquent des projets d’extension des réseaux d’eau ainsi que la construction future d’écoles et de cliniques, sur instruction des instances dirigeantes. En attendant la concrétisation de ces promesses, les résidents, bien que reconnaissants pour le toit acquis, appellent à ne pas être oubliés. Leur priorité reste l’accès à l’eau potable, à l’éducation pour leurs enfants et à des services de santé, des conditions indispensables pour ancrer durablement leur retour.

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