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Un jugement traite une mère de « psychologue bobo » et le ministre ouvre une enquête

La phrase insultante écrite par un magistrat dans un jugement à Bobigny a provoqué une réaction immédiate du garde des Sceaux. La mère de l’enfant, qui…

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Un jugement traite une mère de "psychologue bobo" et le ministre ouvre une enquête

La phrase insultante écrite par un magistrat dans un jugement à Bobigny a provoqué une réaction immédiate du garde des Sceaux. La mère de l’enfant, qui avait porté plainte pour agression sexuelle, a découvert ces mots huit mois après le procès.

C’est une histoire qui mêle une procédure judiciaire déjà douloureuse et une maladresse qui choque. Dans cette affaire, un baby‑sitter avait été poursuivi pour agression sexuelle sur un garçon de sept ans. Il a été relaxé, notamment parce que le recueil de la parole de l’enfant n’avait pas été fait de manière spécifique. Mais le plus surprenant est arrivé bien après. L’avocat de la famille a reçu la version écrite du jugement et y a découvert une phrase totalement inattendue. Les magistrats y écrivaient que l’on pouvait imaginer que la mère, « psychologue et bobo », avait « surréagi » et « entraîné son fils dans un délire de victimisation de violences sexuelles ». Ils ajoutaient même une remarque sur les séances d’EMDR suivies par l’enfant et terminaient par « Nan, j’déconne même si c’est en partie vrai ». Une blague de très mauvais goût qui n’aurait jamais dû figurer dans le texte officiel.

Dès que cette information a été rendue publique, la réaction a été rapide et ferme. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a parlé de « faits d’une extrême gravité et totalement contraires à la déontologie et au devoir de délicatesse des magistrats ». Il a annoncé l’ouverture d’une enquête administrative pour proposer des sanctions au Conseil supérieur de la magistrature, l’organe disciplinaire. De son côté, la mère a déposé une plainte devant ce même CSM, dénonçant « un jugement de valeur teinté de malveillance et de partialité ». La présidente du tribunal de Bobigny, Anne Auclair‑Rabinovitch, a qualifié cette situation d' »insupportable » et assuré que des mesures internes étaient en ordre de marche contre celui qui a rédigé et celui qui a laissé passer.

Cette affaire relance le débat sur la responsabilité des magistrats dans un contexte déjà tendu. Le souvenir de l’affaire Lyhanna est encore présent, où plusieurs plaintes pour viols sur mineures n’avaient pas empêché le principal suspect d’agir. Ici, la question n’est pas tant le fond de la décision de relaxe que le langage employé. L’avocat de la famille a souligné qu’il s’agissait probablement d’une blague entre collègues qui n’a pas été supprimée du document final, ce qui révèle un manque de rigueur professionnelle. Les conclusions de l’enquête administrative sont attendues lundi. En attendant, la justice devra prouver qu’elle respecte toutes les victimes, sans moquerie ni partialité.

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