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Un adolescent fauché par une balle perdue à Nantes


Ses proches décrivent un garçon sans histoire, bien loin des trafics qui ensanglantent le quartier de Port Boyer.
Jeudi 14 mai, en début de soirée, deux hommes circulant à bord d’un vélo électrique ont ouvert le feu avec un fusil d’assaut devant un immeuble du quartier Port Boyer, à Nantes. Leur cible visait trois adolescents. Elidja, 15 ans, a été mortellement touché. Deux de ses camarades, âgés de 13 et 14 ans, ont été blessés, l’un d’eux grièvement. Le ministre de l’Intérieur, venu sur place vendredi matin, a indiqué que le pronostic vital de ce dernier n’était plus engagé.
Les proches d’Elidja peinent à comprendre ce qui a pu lui arriver. Élève en quatrième au collège Libertaire-Rutigliano, il fréquentait régulièrement le quartier de Ranzay, à deux pas de la scène du drame. Ses camarades de classe le décrivent comme un garçon gentil et apprécié, toujours présent quand il le fallait. « Quand on sort, d’habitude on est agités, on s’amuse. Là, ce n’est pas comme les autres matins. On ressort avec la pensée vide, sans les mots, toujours dans nos pensées », confie l’un d’eux.
Assis côte à côte sur un banc, ses amis cherchent comment honorer sa mémoire. « On peut mettre des fleurs par terre devant le collège », suggère l’un d’eux. Entre leurs mains, une photo de l’adolescent, bonnet noir sur la tête, regard légèrement boudeur et visage juvénile. Ils insistent sur son caractère pacifique. « Elidja, c’était un garçon gentil et appréciable. Tout le monde l’aimait bien, il n’avait pas de problème. Il était là quand il y avait besoin », raconte Adem. L’adolescent pratiquait aussi le ju-jitsu brésilien, un sport hérité de son père. « À l’entraînement, on faisait des sparrings entre nous, on était toujours dans le fair-play, ça se passait bien », ajoute-t-il.
Turbulent en classe, Elidja n’était pas le premier de la liste. « Parfois il était agité, mais ça, c’est normal. En classe, quand c’était le bordel, il était là, ce n’était pas le plus sage », reconnaît un de ses camarades. Mais ses proches l’assurent, il n’était en rien impliqué dans la délinquance. Les premiers éléments de l’enquête suggèrent pourtant que la fusillade serait liée au narcotrafic. « Il n’était pas quelqu’un comme ça », insistent les garçons.
Sonia, une amie de la mère d’Elidja, tient le même discours. Elle décrit une famille structurée et un enfant hyper gentil, poli. « Il faisait des activités périscolaires. Il était toujours avec sa famille, ses parents, hyper entouré, hyper encadré. C’est incroyable que ça tombe sur lui. On ne comprend pas ce qu’il s’est passé, s’il a été confondu », confie-t-elle. Lors de sa visite dans le quartier, le ministre a précisé que rien n’indiquait que les adolescents visés étaient liés au trafic de drogues.





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