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Delcy Rodriguez prend ses marques, Maduro s’efface des rues du Venezuela

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L’image de l’ancien président Nicolas Maduro, omniprésente durant des années, disparaît méthodiquement de l’espace public vénézuélien depuis sa capture par les forces américaines. La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, orchestre une transition politique qui tourne la page du chavisme radical.

Le visage de Nicolas Maduro ornait les moindres recoins du Venezuela, des panneaux d’affichage aux jouets distribués dans les quartiers populaires. Sa moustache reconnaissable entre toutes était devenue un symbole quotidien. Depuis son arrestation par l’armée américaine en janvier, cette iconographie se retire progressivement du paysage. Les immenses portraits du couple présidentiel, qui avaient fleuri sur les grands axes routiers juste après sa capture, cèdent la place à d’autres messages.

L’appareil de propagande officielle a changé de cible. Il promeut désormais la présidente par intérim, Delcy Rodriguez. Celle-ci a cessé de dénoncer l’intervention militaire américaine pour vanter une collaboration jugée fructueuse avec Washington. Les appels à la libération de Maduro se sont éteints. Les manifestations en sa faveur n’ont plus lieu. Son nom même disparaît des discours officiels. Des décennies de rhétorique anti-impérialiste sont reléguées aux oubliettes.

Mme Rodriguez concentre son action sur les réformes exigées par les États-Unis. Elle a ainsi promulgué une amnistie pour les prisonniers politiques, une nouvelle loi sur les hydrocarbures et une réforme du code minier. Elle a également procédé à des nominations et des limogeages aux postes clés, tout en réorganisant l’appareil judiciaire. Les hommes de confiance de Maduro sont progressivement écartés du pouvoir.

Selon Eduardo Valero Castro, professeur à l’École de sciences politiques de l’Université centrale du Venezuela, cette disparition de l’ancien président de l’espace public traduit une nouvelle orientation politique. Elle s’inscrit dans le cadre des alliances continentales entre le Venezuela et les États-Unis. Interrogée fin avril sur les accusations de trahison envers Maduro, Mme Rodriguez a affirmé être restée loyale jusqu’à la dernière seconde. Elle a ajouté que ces critiques importaient peu face à son devoir de défendre le pays.

Donald Trump adresse des éloges à la nouvelle présidente tout en revendiquant le contrôle des affaires du Venezuela, pays qui possède les plus grandes réserves de pétrole du monde. D’anciennes figures du chavisme, doctrine socialiste héritée d’Hugo Chavez, expriment leur mécontentement. L’ex-député Mario Silva, membre de l’aile radicale, a dénoncé une transformation du pays en protectorat américain dans une lettre ouverte adressée au ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello. Ses critiques ont provoqué des réactions vives au sein du Parti socialiste uni du Venezuela, révélant des fractures internes.

Dans la rue, certains militants pro-pouvoir espèrent encore le retour de Maduro. Ana Maria Pino, une militante de 64 ans, a déclaré souhaiter que l’on parle davantage de lui. Alquimedes Rios croit savoir que Delcy Rodriguez négocie pour permettre le retour de l’ancien président. Juan García, un pêcheur de 21 ans, estime que Mme Rodriguez fait face à une situation complexe et agit pour tenter de le faire revenir.

Le politologue Jesus Castillo-Molleda considère que Maduro ne représente plus la stabilité pour le chavisme. Le parti au pouvoir se voit contraint d’accepter cette réalité. Si l’économie s’améliore sous la direction de Delcy Rodriguez, l’ancien président sera oublié plus rapidement. Alors que l’image de Maduro s’efface, un nouveau slogan apparaît dans les rues : Delcy avance, tu as ma confiance.

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