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Sept ans de violences conjugales : « Je ne pensais pas faire de mal », affirme l’accusé avant le verdict


Le procès de Guillaume B., jugé pour des viols accompagnés d’actes de torture ou de barbarie commis sur son ex-compagne pendant sept ans, touche à sa fin. L’accusé a nié toute intention de nuire, tandis que l’avocate générale a requis la réclusion à perpétuité.
Au dernier jour de son procès devant la cour d’assises des Alpes-de-Haute-Provence, Guillaume B. a pris la parole pour la dernière fois avant que les jurés ne se retirent pour délibérer. L’homme de 51 ans, jugé pour des viols accompagnés d’actes de torture ou de barbarie perpétrés sur son ex-compagne Laëtitia R. entre 2015 et 2020, a déclaré : « Je ne pensais pas faire mal ». Il a exprimé des regrets pour « certaines choses », tout en niant, en larmes, être « le monstre qu’on décrit ». Les faits ne sont pas contestés, mais la question centrale reste celle du consentement, comme l’a souligné l’un de ses avocats, Me Arnaud Lucien.
La défense a jugé la peine requise par l’avocate générale, Malinka Eymond, disproportionnée. Cette dernière a demandé la réclusion à perpétuité, estimant que l’accusé présentait un risque de récidive sur une autre femme. Selon elle, la relation sadomasochiste invoquée par Guillaume B. n’en avait que le nom, car la plaignante ne pouvait jamais mettre fin aux actes, aucun « safe word » n’ayant été établi. « Il a voulu nier la dignité humaine », a-t-elle affirmé.
Durant une semaine de débats publics, la plupart des actes infligés à Laëtitia R. ont été reconnus par l’accusé : coups, tatouage dégradant, zoophilie, brûlures, étranglements et scatophilie, ainsi que des relations sexuelles imposées avec d’autres hommes, près de 500 selon la plaignante. Me Charlotte Barriol, autre avocate de la défense, a concédé qu’il était difficile de comprendre ces pratiques, mais a estimé que les nombreux messages échangés par le couple démontraient le consentement de Laëtitia.
L’ex-directeur de banque aux cheveux grisonnants a assuré que son procès avait été un accélérateur de prise de conscience. De son côté, Laëtitia R., reconnue handicapée entre 50 et 80 %, a affirmé qu’elle vivait dans la peur permanente et redoutait la diffusion d’enregistrements intimes si elle quittait son compagnon. Après leur rencontre en 2015, la relation a évolué sous prétexte de jeux sexuels sadomasochistes vers une emprise psychologique et un contrôle total.
Des représentantes d’un collectif féministe, présentes pour soutenir la victime, ont exprimé l’espoir d’un verdict fort. Laëtitia, mère de quatre enfants et préparatrice en pharmacie de formation, souffre de séquelles physiques et psychologiques qui l’empêchent de mener une vie quotidienne normale. Les jurés se sont retirés en fin de matinée pour un verdict attendu dans la journée.





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