Planète
Les os géants du camarasaure font leur première apparition à Angoulême

Pour la première fois, le public peut admirer les ossements d’un camarasaure, un cousin du diplodocus long de vingt mètres, exposés au musée d’Angoulême dès ce vendredi.
Ces vestiges, découverts il y a deux ans sur le site de fouilles d’Angeac-Charente, étaient jusqu’alors réservés aux rares visiteurs ayant pu accéder au chantier lors de visites estivales. Désormais, ils sont présentés dans le cadre de l’exposition « Chercheurs de Dinos », ouverte jusqu’au début janvier 2027. Laurent Crépin, conservateur et responsable des collections paléontologiques et archéologiques du musée, souligne le caractère inédit de l’événement. Selon lui, même les scientifiques de l’équipe de fouilles n’ont pas encore eu l’occasion d’examiner l’ensemble des pièces préparées et montées. Le public aura donc la primeur de découvrir ces spécimens avant que les chercheurs ne les étudient en détail.
Parmi les fossiles exposés figurent un imposant fémur en deux parties, une omoplate, plusieurs vertèbres, deux mandibules et une trentaine de dents. Cet herbivore de vingt tonnes, qui vivait il y a cent quarante millions d’années dans un marécage, était jusqu’en 2024 inconnu en Europe occidentale pour cette période. Le site d’Angeac-Charente a également livré les restes d’une quarantaine de vertébrés, dont des crocodiles, des tortues et des ornithomimosaures. Laurent Crépin rappelle que la présence de camarasaures dans un gisement du Crétacé inférieur comme Angeac est une surprise. Théoriquement, cette espèce aurait dû disparaître lors de la transition entre le Jurassique et le Crétacé, marquée par une crise climatique. Cette découverte a donc relancé les recherches et suscité de nouvelles interrogations.
Les fossiles d’Angeac-Charente sont destinés à rejoindre les collections du musée d’Angoulême. Certains seront exposés au Muséum national d’histoire naturelle de Paris à partir de juin, à l’exception du camarasaure. Le site doit sa renommée à la mise au jour en 2010 d’un fémur de deux mètres et deux centimètres appartenant à un turiasaure, un autre sauropode. L’exposition « Chercheurs de Dinos », soutenue par le Muséum national d’histoire naturelle et l’Association Paléocharente, présente les résultats les plus récents des fouilles, une reconstitution d’ornithomimosaure, des évocations de la végétation de l’époque, ainsi que la diversité des bénévoles et des métiers nécessaires à ce chantier.

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