Monde
L’épidémie d’Ebola en RDC franchit un nouveau seuil d’alerte sanitaire


L’Organisation mondiale de la santé a relevé vendredi le niveau de risque lié à l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, le faisant passer de « élevé » à « très élevé », son plus haut degré d’alerte.
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a annoncé cette reclassification lors d’une conférence de presse, soulignant la propagation rapide du virus sur le territoire congolais. L’agence onusienne avait précédemment estimé le risque comme élevé aux échelons national et régional, et faible à l’échelle mondiale. Désormais, l’évaluation nationale atteint le niveau maximal, tandis que le risque régional reste inchangé et la menace mondiale toujours jugée faible.
L’extension de l’épidémie touche principalement les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, deux régions profondément déstabilisées par le conflit armé qui oppose les forces gouvernementales au groupe rebelle M23. Ce dernier, qui a repris les armes en 2021, contrôle de vastes territoires, y compris une partie du Nord-Kivu et la ville de Bukavu, tombée sous son emprise en février 2025.
La réponse sanitaire se heurte à des obstacles majeurs, notamment dans la province de l’Ituri, épicentre de l’épidémie. Cette région, parmi les plus instables de la RDC, est marquée par une insécurité chronique due aux groupes armés et par une infrastructure défaillante. Près d’un million de personnes déplacées y vivent dans des camps, compliquant davantage les efforts de lutte contre le virus.
Selon les données fournies par Tedros Adhanom Ghebreyesus, 82 cas confirmés ont été recensés en RDC, dont sept décès. Cependant, le responsable a insisté sur le fait que l’ampleur réelle de l’épidémie est bien plus importante, avec près de 750 cas suspects et 177 décès suspects signalés. Il a précisé que ces chiffres évoluent à mesure que la surveillance et les tests s’améliorent, mais que la violence et l’insécurité entravent sérieusement la riposte.
En Ouganda voisin, la situation demeure pour l’instant maîtrisée, avec deux cas confirmés et un décès.
Le virus Ebola provoque une fièvre hémorragique souvent mortelle, mais sa contagiosité est moindre que celle du Covid-19 ou de la rougeole. En l’absence de vaccin ou de traitement homologué contre la souche Bundibugyo, responsable de l’actuelle flambée, les autorités sanitaires misent sur les mesures barrières et le dépistage précoce pour endiguer la propagation.
Par ailleurs, un ressortissant américain infecté par le virus en RDC est actuellement hospitalisé en Allemagne. Tedros Adhanom Ghebreyesus a également indiqué avoir pris connaissance d’informations concernant un autre Américain, considéré comme un contact à haut risque, qui aurait été transféré en République tchèque.





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