Monde
L’Otan sommée de s’adapter à un désengagement américain progressif
Le chef de la diplomatie américaine a annoncé aux alliés européens une réduction inéluctable des effectifs militaires des États-Unis sur le continent, tout en tentant de rassurer sur le caractère non punitif de cette décision.
Le secrétaire d’État Marco Rubio a confirmé vendredi, lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Otan à Helsingborg, en Suède, que les États-Unis réduiraient à terme leur empreinte militaire en Europe. Cette annonce intervient alors que l’alliance se prépare au sommet d’Ankara prévu en juillet, en présence de Donald Trump. Interrogé par la presse, M. Rubio a reconnu que « moins de troupes américaines » seraient déployées à l’avenir, tout en comprenant que cette perspective puisse « créer une certaine nervosité » parmi les partenaires européens.
Le responsable américain a précisé qu’un ajustement serait communiqué « aujourd’hui ou dans les prochains jours » concernant ce que certains au sein de l’Otan appellent « la cavalerie », soit le réservoir de forces mobilisables en cent quatre-vingts jours. Cette déclaration fait suite à l’annonce par Donald Trump, jeudi, de l’envoi de près de cinq mille soldats supplémentaires en Pologne, après le retrait de cinq mille militaires américains basés en Allemagne début mai. M. Rubio a toutefois insisté sur le fait que cette décision n’avait rien de « punitif ».
Le chef de la diplomatie belge, Maxime Prévot, a confié à l’AFP que Marco Rubio s’était montré « extrêmement cordial et posé », ajoutant que certains messages, bien que pouvant heurter les alliés européens, semblaient davantage destinés à l’opinion publique américaine. La ministre suédoise des Affaires étrangères, Maria Malmer Stenergard, hôte de cette réunion, a qualifié la situation de « déroutante », soulignant qu’il n’était « pas toujours facile de s’y retrouver » pour son pays, membre de l’Alliance depuis seulement 2024.
Les pays européens de l’Otan, tout en reconnaissant le caractère inéluctable d’un retrait américain, espèrent que ce processus se déroulera sans imprévus. Le mécontentement de Donald Trump à l’égard de ses alliés, notamment après leur refus de s’engager dans le conflit avec Israël contre l’Iran, reste palpable. « Les positions du président traduisent une déception à l’égard de certains de nos alliés de l’Otan », a souligné Marco Rubio, appelant à y « répondre ».
Le secrétaire d’État a également évoqué la nécessité d’un « plan B » si l’Iran persistait à bloquer le détroit d’Ormuz ou à imposer un droit de péage. « Je ne sais pas si ce serait nécessairement une mission de l’Otan, mais il faudra certainement que des pays de l’Otan y contribuent », a-t-il déclaré. De leur côté, les Européens affirment avoir « entendu le message », selon le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, qui a rappelé que des navires de guerre avaient été prépositionnés près du détroit d’Ormuz dans le cadre d’une coalition internationale menée par Paris.
Donald Trump exige par ailleurs que les Européens assument davantage leur propre défense. Pour rassurer la Maison Blanche, les alliés européens préparent une série de contrats d’armement, dont plusieurs avec les États-Unis, selon des diplomates à Bruxelles. Ces annonces devraient être faites lors du sommet d’Ankara en juillet, où les alliés espèrent convaincre Donald Trump de leur engagement. Ils tenteront également de réaffirmer leur soutien à l’Ukraine, en présence du président Volodymyr Zelensky. Mark Rutte avait proposé que les pays de l’Otan, sans les États-Unis, consacrent au moins 0,25% de leur produit intérieur brut à l’aide militaire à Kiev, mais cette suggestion a été rejetée, a-t-il reconnu.
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