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Procès de la catastrophe aérienne du Sahel

_**Dix ans après le crash du vol AH5017, la compagnie espagnole Swiftair comparaît à Paris pour homicides involontaires, face à des familles en quête de vérité.**_
L’audience s’est ouverte lundi après-midi devant le tribunal correctionnel de Paris, marquant le début d’un procès attendu depuis près d’une décennie. La compagnie aérienne Swiftair, propriétaire de l’appareil, est mise en cause pour son rôle dans l’accident survenu en juillet 2014. Le McDonnell Douglas MD-83, qu’elle affrétait à Air Algérie, s’était abîmé dans une zone désertique du nord du Mali peu après son décollage de Ouagadougou. Aucune des cent seize personnes à bord, parmi lesquelles cinquante-quatre ressortissants français, n’avait survécu.
Les investigations techniques ont établi que l’avion, traversant de nuit une zone orageuse, avait connu un dysfonctionnement critique de ses capteurs de pression. Une accumulation de cristaux de glace, due à l’inactivation du système d’antigivrage, aurait provoqué le ralentissement automatique des moteurs. Selon les magistrats instructeurs, l’équipage n’aurait pas su identifier la situation ni réagir de manière appropriée, conduisant au décrochage de l’appareil.
Les juges estiment que des manquements dans la formation dispensée par Swiftair aux pilotes ont contribué à cette issue. La compagnie est donc poursuivie pour homicide involontaire, une qualification fondée sur des négligences présumées. La défense, représentée par son vice-président, a immédiatement contesté cette lecture des faits. Elle a exprimé ses condoléances aux familles tout en affirmant sa conviction que la réglementation avait été respectée.
Dès cette première journée, des questions de procédure ont occupé le prétoire. Les avocats de la compagnie ont soulevé un argument d’irrecevabilité, invoquant le principe selon lequel nul ne peut être jugé deux fois pour les mêmes faits. Ils font valoir qu’une procédure similaire engagée en Espagne avait abouti à un non-lieu. Le tribunal a décidé de statuer sur ce point en même temps que sur le fond, à l’issue des débats.
L’audience a également été marquée par des tensions concernant la convocation des témoins, certains n’ayant pu être joints dans les délais. Cet incident a souligné la complexité et la lenteur du parcours judiciaire de ce dossier. Le procès, qui doit se dérouler sur quatre semaines, s’annonce comme une confrontation technique et juridique approfondie. Swiftair conteste toute responsabilité directe, arguant que l’accident résulterait principalement de facteurs externes, notamment des insuffisances dans les manuels de vol du constructeur et dans les normes de sécurité en vigueur à l’époque.

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