Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Pékin renforce le tandem Russie-Chine face aux turbulences mondiales

Article

le

Le président russe Vladimir Poutine a effectué une visite à Pékin pour consolider les liens avec son homologue chinois Xi Jinping, dans un contexte géopolitique marqué par le départ récent de Donald Trump de la scène diplomatique américaine.

Les deux dirigeants, qui se sont rencontrés à plusieurs reprises ces dernières années, ont affiché une entente solide lors de ce sommet. Vladimir Poutine a qualifié les relations bilatérales de niveau sans précédent, tandis que Xi Jinping les a décrites comme inébranlables. Sans citer directement les États-Unis, le président chinois a critiqué les tendances hégémoniques sur la scène internationale, une allusion aux récentes déclarations de Washington. Contrairement à la visite de Donald Trump la semaine précédente, qui avait débouché sur peu d’engagements concrets, ce sommet a abouti à la signature de plusieurs accords dans les domaines du commerce, des médias et de l’énergie. Vladimir Poutine a invité son homologue à se rendre en Russie en 2027 et a confirmé sa participation au sommet de l’Apec en Chine en novembre, auquel le président américain pourrait également assister.

Sur le dossier iranien, Xi Jinping a souligné que le Moyen-Orient traverse un moment charnière et a plaidé pour une résolution rapide du conflit afin de sécuriser les approvisionnements énergétiques. Il a insisté sur l’importance de poursuivre les négociations plutôt que de relancer les hostilités. Dans un communiqué conjoint, Pékin et Moscou ont réaffirmé la nécessité d’un dialogue entre toutes les parties prenantes. Cependant, des divergences subsistent concernant le détroit d’Ormuz, voie de transit majeure pour les hydrocarbures chinois. La Chine souhaite un retour rapide des flux commerciaux, tandis que la Russie pourrait y voir une opportunité de promouvoir ses propres ressources énergétiques. Vladimir Poutine a qualifié le secteur énergétique de moteur de la coopération économique bilatérale et a réitéré l’engagement de la Russie en tant que fournisseur fiable pour la Chine.

Le projet de gazoduc Force de Sibérie 2, qui relierait les vastes réserves de gaz naturel russes du nord de la Sibérie à la Chine, a également été au centre des discussions. Ce pipeline ouvrirait un débouché crucial pour les hydrocarbures russes, délaissés par l’Europe depuis le conflit ukrainien. Mais sa réalisation a longtemps été retardée. La Chine, soucieuse de diversifier ses sources d’approvisionnement, voit dans la crise iranienne une illustration des vulnérabilités des acheminements depuis le Golfe, d’où provient plus de la moitié de ses importations de brut. Le porte-parole du Kremlin a indiqué que des progrès significatifs avaient été réalisés sur les paramètres clés du projet, notamment son tracé, mais que des détails restent à finaliser et qu’aucun calendrier de mise en œuvre n’a été arrêté.

Enfin, sur la question ukrainienne, les Occidentaux pressent Pékin d’utiliser son influence sur Moscou pour mettre fin au conflit, accusant la Chine d’alimenter l’effort de guerre russe par ses achats d’hydrocarbures et la fourniture de composants à double usage. La Chine rejette ces accusations et proclame sa neutralité tout en appelant à une résolution pacifique, sans avoir jamais condamné l’invasion. Les experts estiment peu probable que Xi Jinping ait exercé des pressions sur Vladimir Poutine. La déclaration commune indique que les deux pays sont convaincus de la nécessité d’éliminer les causes profondes de la crise ukrainienne sur la base de la Charte des Nations Unies et de continuer à rechercher une solution par le dialogue et les négociations. La partie russe y salue la position objective et impartiale de la Chine.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus