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L’Homme-Poisson nage contre la marée de plastique en Amazonie

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Surnommé l’homme-poisson, un triathlète colombien de 45 ans parcourt les eaux de l’Amazone à la nage pour alerter sur la pollution plastique qui menace le plus grand fleuve du monde.

Parti en octobre dernier des sources péruviennes de Cuzco, Wilber Honorio Munoz a déjà couvert plus de cinq mille kilomètres en plus de deux cents jours de nage. Il a atteint Manaus, la grande métropole amazonienne du nord du Brésil, la semaine dernière. Son ultime destination est Belém, autre cité brésilienne qui a accueilli la conférence des Nations unies sur le climat en 2025. Il espère y parvenir d’ici deux mois, au terme d’un périple qui s’achèvera dans l’océan Atlantique. En 2010, ce militant écologiste à la silhouette fine et au corps tatoué avait déjà nagé près de mille cinq cents kilomètres sur le fleuve Magdalena, en Colombie, pour une campagne de sensibilisation similaire. Cette fois, il a jeté son dévolu sur l’Amazonie pour provoquer une prise de conscience à l’échelle planétaire.

Chaque jour, l’homme-poisson passe entre quatre et dix heures dans l’eau. Bien qu’il ait été prévenu des dangers que représentent les caïmans, les anacondas ou les piranhas, il préfère évoquer la magie des dauphins roses qui l’accompagnent. Il explique nager au milieu du fleuve tandis que les caïmans restent près des berges. Mais au-delà de la faune et des paysages grandioses qui bordent ce cours d’eau serpentant au cœur de la plus vaste forêt tropicale de la planète, il constate avec amertume la présence omniprésente du plastique. Une étude de l’institut public brésilien Fiocruz, publiée en septembre, a révélé que l’Amazone est le deuxième fleuve le plus pollué au monde et qu’il transporte près de dix pour cent des déchets plastiques qui parviennent dans les océans.

Le voyage de Wilber Honorio Munoz est financé par des dons. Une équipe de bénévoles le suit à bord d’un petit bateau et relate son aventure sur les réseaux sociaux. Toutes les heures, il s’accorde une courte pause pour se nourrir d’œufs ou de viande. Le soir venu, il fait halte chez des communautés traditionnelles d’Amazonie qui lui ouvrent leur porte. Des vidéos publiées sur son compte Instagram montrent les habitants s’approcher en criant Voici l’homme-poisson. Ce nageur intrépide affirme avoir visité plus de quatre cents localités. À chaque étape, il prend le temps de s’adresser aux élèves dans les écoles ou de s’exprimer dans d’autres lieux publics, insistant sur la nécessité de préserver les cours d’eau. Il rappelle que l’éducation environnementale est indispensable.

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