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L’Europe verrouille ses frontières la grande réforme migratoire expliquée

À partir du 12 juin, un nouveau système d’asile entre en vigueur dans l’UE. Contrôles renforcés, centres à la frontière et hubs de retour hors Europe sont…

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L'Europe verrouille ses frontières la grande réforme migratoire expliquée

À partir du 12 juin, un nouveau système d’asile entre en vigueur dans l’UE. Contrôles renforcés, centres à la frontière et hubs de retour hors Europe sont au programme.

Pour la première fois, l’Union européenne se dote d’un cadre commun pour gérer les arrivées de migrants. Objectif éviter la crise de 2015, où pays du sud comme la Grèce et l’Italie se sont retrouvés submergés sans solidarité des autres États. Désormais, chaque personne qui franchit une frontière extérieure devra passer par un filtrage systématique. Ses empreintes, sa photo et ses papiers seront enregistrés dans une base de données commune. Pendant sept jours maximum, elle sera soumise à des contrôles d’identité et de sécurité. Les ONG s’inquiètent déjà de voir la plupart des migrants, y compris les enfants, placés en détention durant cette période.

Les demandes d’asile jugées peu sérieuses pourront être traitées directement à la frontière, en douze semaines au lieu de plusieurs mois. Cela concerne notamment les ressortissants de pays comme le Maroc, la Tunisie ou le Bangladesh, où l’UE accorde rarement le statut de réfugié. Les autres suivront la procédure classique. Pour soulager les pays les plus exposés, un mécanisme de solidarité obligatoire est instauré. Chaque année, 30 000 demandeurs d’asile au minimum devront être relocalisés dans les autres États membres. Ceux qui refusent devront payer 20 000 euros par personne non accueillie. Les premières négociations sur cette répartition ont déjà été très tendues.

En cas d’afflux massif, comme en 2015, un régime d’urgence pourra être déclenché. Il prévoit une solidarité accélérée mais aussi des procédures moins protectrices pour les migrants. Et depuis peu, les États membres travaillent sur un autre volet les hubs de retour. Ces centres, installés hors de l’UE, accueilleraient les déboutés du droit d’asile en attendant leur expulsion. Le Rwanda, l’Ouganda ou l’Ouzbékistan sont sur la liste. Une idée qui fait bondir la gauche et les défenseurs des droits humains, inquiets des conditions dans ces structures. Cette réforme massive change profondément la donne mais elle soulève autant d’espoirs que de craintes.

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