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L’Europe suffoque sous un dôme de chaleur meurtrier
L’Organisation mondiale de la santé dénombre déjà 1 300 décès liés à la canicule qui écrase le continent. Records de température, victimes âgées et…


L’Organisation mondiale de la santé dénombre déjà 1 300 décès liés à la canicule qui écrase le continent. Records de température, victimes âgées et infrastructures à bout: le constat est glaçant.
Depuis le 21 juin, la chaleur tue. L’OMS a compté plus de 1 300 morts en excès, directement liés aux températures extrêmes. Ce dimanche, près de 200 millions d’Européens devaient supporter au moins 35°C. C’est un peu moins que la veille, mais suffisant pour étouffer les villes, fermer les écoles et faire trembler les réseaux électriques. L’Allemagne a battu son record absolu avec 41,5°C. Le Danemark a connu 37°C. La République tchèque a culminé à 41,1°C. À Berlin, la police a ressorti des canons à eau pour rafraîchir les habitants. En France, la vigilance rouge ne concerne plus que deux départements de l’Est, mais le bilan sanitaire commence à se dessiner.
Santé publique France estime qu’un millier de décès supplémentaires sont survenus depuis le 24 juin, date à laquelle le pays a franchi la barre des 40°C. Les plus de 65 ans paient le prix fort : la mortalité à domicile a bondi de 40%. Le chef des urgences de l’hôpital Pompidou, à Paris, redoute un bilan très lourd. Il imagine les portes qui s’ouvriront lundi sur des personnes âgées déshydratées ou déjà décédées. La ministre de la Santé, elle, assure qu’on n’atteindra pas les 15 000 morts de 2003. Mais chaque canicule rappelle que le changement climatique, causé par les énergies fossiles, n’est plus une menace lointaine.
Les scientifiques pointent un phénomène aggravant: une vaste zone d’eau anormalement froide dans l’Atlantique, au sud de l’Islande. Cette « bulle froide » déformerait le courant-jet atmosphérique, favorisant la stagnation de dômes de chaleur sur l’Europe. Marilena Oltmanns, physicienne du climat, explique que le Vieux Continent se réchauffe plus vite que le reste du monde en été. La mer aussi souffre. Sur la plage de Wimereux, dans le nord de la France, un chercheur du CNRS observe un plancton de plus en plus petit. Quand les organismes marins changent, toute la chaîne alimentaire vacille. Les poissons d’eau froide disparaissent de la Manche. Le paléoclimatologue Jean Jouzel, ancien vice-président du Giec, alerte : les responsables politiques passeront à autre chose une fois la canicule terminée. « Les gens ferment les yeux, mais c’est extrêmement sérieux », dit-il. Pourtant, le réchauffement était annoncé depuis cinquante ans.





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