Monde
L’Iran tend la main vers la paix, Washington resserre l’étau économique
Le président iranien se dit prêt à tourner la page de la guerre avec les États-Unis. Sur le front économique, pourtant, les coups pleuvent encore.

Le président iranien se dit prêt à tourner la page de la guerre avec les États-Unis. Sur le front économique, pourtant, les coups pleuvent encore.
Ça fait presque six mois que le conflit a commencé, et le président iranien estime que le moment est venu de souffler. Massoud Pezeshkian a répété vendredi que son pays se trouvait dans un rapport de force favorable et qu’il fallait saisir cette occasion pour mettre un terme aux hostilités avec Washington. Autour de lui, pourtant, la tension reste vive. Téhéran continue de contrôler le détroit d’Ormuz, cette voie maritime essentielle au transport du pétrole, tandis que les navires américains maintiennent un blocus au large des côtes iraniennes. La marine américaine protégerait même, selon des médias américains, des convois secrets de pétroliers dans le secteur sud du détroit, permettant d’exporter de 5 à 10 millions de barils par jour.
Le chef de l’État a insisté sur la dignité de son camp. Selon lui, le monde entier reconnaît la victoire de l’Iran et condamne les frappes américaines contre des écoles, des hôpitaux et des infrastructures, en violation des règles internationales. Il a aussi défendu l’accord signé en juin avec les États-Unis pour sortir du conflit, alors que des voix critiques le présentent comme une capitulation. Aucune clause ne va dans ce sens, a-t-il assuré, tous les engagements pesant sur l’autre partie. Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, avait pourtant laissé transparaître ses réserves après la signature, parlant d’une opinion différente malgré son autorisation. Des parlementaires accusent en outre le gouvernement d’avoir cédé sur la réouverture du détroit d’Ormuz.
Les États-Unis, eux, n’ont pas l’intention de desserrer l’étau. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a promis de faire s’effondrer le régime iranien grâce à une campagne de sanctions renforcée. Il a ajouté que tout pays qui garderait un lien avec Téhéran précipiterait sa propre économie dans les oubliettes. Il doit donner une conférence de presse lundi pour détailler la suite. Selon lui, une pression économique maximale rendrait probablement inutile la reprise des grandes opérations militaires. Téhéran dénonce de son côté un terrorisme économique et des crimes contre l’humanité, exigeant que les auteurs de ces sanctions soient jugés. Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi voit dans cette nouvelle escalade une tentative de détourner l’attention des difficultés américaines, entre dette record et coûts d’emprunt en hausse.
Washington espère entraîner la Chine dans cette stratégie d’isolement, d’autant que Donald Trump doit recevoir le président chinois le 24 septembre. Mais Pékin ne se laisse pas convaincre, estimant que la pression et les sanctions ne règlent rien au Moyen-Orient. La Chine appelle à une solution politique et diplomatique, et son rôle est loin d’être neutre. Avant le conflit, elle absorbait plus de 80% des exportations de pétrole iranien. Les Émirats arabes unis, autre partenaire important, ont eux annoncé mardi la suspension de tous les échanges commerciaux et transactions financières avec l’Iran, pour une durée indéterminée.
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