Économie
L’État mise sur une profonde réforme pour relancer le PMU

Face à la baisse persistante des paris hippiques, le gouvernement engage une transformation structurelle de l’opérateur historique.
Le PMU, pilier de la filière équine française depuis 1930, s’apprête à vivre une mutation majeure. L’État a présenté un plan ambitieux, baptisé « Pacte PMU 2030 », visant à moderniser en profondeur l’organisation et la gouvernance de ce groupement d’intérêt économique (GIE). Cette initiative intervient alors que le secteur subit une érosion continue de son activité, avec des mises en recul de 4 % depuis janvier.
Actuellement détenu à parts égales par France Galop et la SETF, le PMU redistribue l’intégralité de ses bénéfices nets à ces deux sociétés mères, qui financent ainsi la filière hippique et ses 40 000 emplois. Le nouveau statut de GIE commercial, préconisé par le gouvernement, permettrait à l’opérateur de conserver une partie de ses réserves et d’accroître son autonomie stratégique. Une évolution jugée nécessaire pour améliorer sa rentabilité face à la concurrence accrue des paris en ligne.
Les difficultés financières de la filière ont conduit à des tensions entre les acteurs historiques. Lors de l’assemblée générale de juin, la SETF avait refusé d’approuver les comptes, révélant des dissensions persistantes. Le ministère de l’Économie a donc chargé Éric Woerth, député de l’Oise, de piloter la réforme. Sa mission consistera notamment à redéfinir les modalités de collaboration entre les sociétés mères et à nommer une nouvelle direction pour le PMU, dont le poste de PDG reste vacant depuis le départ d’Emmanuelle Malecaze-Doublet.
Parallèlement, France Galop a engagé un plan d’économies drastique, prévoyant une réduction de 20 millions d’euros de ses coûts d’organisation des courses d’ici 2029. Les professionnels du secteur, qui avaient obtenu le maintien du taux de taxation sur les paris physiques, espèrent que ces mesures conjointes permettront de stabiliser une activité vitale pour l’économie des territoires ruraux. La possibilité récemment introduite de parier en direct sur les courses pourrait constituer un levier supplémentaire pour renverser la tendance.

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