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Les habitants d’El-Obeid vivent dans la peur d’un assaut paramilitaire dévastateur

La ville stratégique soudanaise est encerclée par les Forces de soutien rapide. L’eau potable se fait rare, les prix explosent et les drones frappent sans…

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Les habitants d'El-Obeid vivent dans la peur d'un assaut paramilitaire dévastateur

La ville stratégique soudanaise est encerclée par les Forces de soutien rapide. L’eau potable se fait rare, les prix explosent et les drones frappent sans relâche.

Depuis des semaines, El-Obeid, une ville d’un demi-million d’habitants dans le sud du Soudan, est sous pression. Les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) resserrent leur étau autour de cette cité clé, située à un carrefour entre les régions contrôlées par l’armée et celles tombées aux mains des rebelles. Des mouvements de troupes ont été repérés à une soixantaine de kilomètres au nord, au sud et à l’ouest. La ville abrite une base aérienne, une division d’infanterie et un oléoduc stratégique. La prendre, c’est s’assurer le contrôle de l’ouest du pays et menacer directement la capitale, Khartoum. Les habitants, déjà épuisés par trois années de guerre, redoutent une offensive terrestre imminente.

Sur le terrain, la vie quotidienne est devenue un enfer. Les frappes de drones ont endommagé la centrale électrique et les dépôts de carburant. Sans électricité, les pompes à eau ne fonctionnent plus. Les familles doivent marcher des heures sous un soleil écrasant pour remplir des jerricans d’eau saumâtre. Une mère de sept enfants témoigne de ces longues distances pour une eau qu’elle juge imbuvable. Dans les camps de déplacés qui entourent la ville, près de 200 familles s’entassent dans des abris de fortune. Les livraisons humanitaires, rares, ne suffisent plus. Le prix de l’eau a doublé, celui de la nourriture a grimpé jusqu’à 300 %. Beaucoup se sentent pris au piège, incapables de fuir ou de survivre.

Les observateurs craignent une répétition des atrocités commises à El-Facher, une ville du Darfour tombée aux mains des FSR en octobre dernier. L’ONU avait alors parlé d’actes présentant les caractéristiques d’un génocide, avec plus de 6 000 morts en trois jours. À El-Obeid, la composition démographique est différente, mais les risques de pillages, de violences sexuelles et de représailles contre les soutiens présumés de l’armée sont bien réels. L’armée accuse les paramilitaires de vouloir utiliser les civils comme boucliers humains. De leur côté, les FSR reprochent à l’armée de ne pas évacuer la population. En attendant, les drones bourdonnent en permanence, les explosions ponctuent les nuits et l’espoir s’amenuise. Sans une aide immédiate, les conditions pourraient devenir catastrophiques en quelques semaines.

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